Publié le 11 octobre 2017

L'APRES PETROLE

[Ces start-ups qui changent le monde] Zéphyr Solar, un ballon solaire léger et écolo aux multiples atouts

Elles sont jeunes et elles veulent changer le monde. Chaque jour, de nouvelles start-ups voient le jour en espérant améliorer notre façon de produire ou de consommer, en traçant mieux les matières premières utilisées, en misant sur l’écoconception ou l’innovation sociale. Chaque semaine, Novethic a décidé d’aller à la rencontre de l’une d’entre elles. Aujourd’hui, nous vous présentons Zéphyr, une start-up qui conçoit un ballon solaire destiné aux situations d’urgence, aux événements publics et à la surveillance de sites industriels.  

Avec ses ballons photovoltaïques, Zéphyr Solar veut accompagner les acteurs humanitaires dans leur soutien aux populations grâce à l'accès à une énergie propre.
Zéphyr Solar

Et si on pouvait apporter de l’électricité de façon rapide et écologique dans les zones les plus reculées de la planète ? C’est ce à quoi s’attelle la jeune pousse Zéphyr Solar avec son ballon photovoltaïque. Gonflé à l’hélium en quelques minutes seulement, cet objet volant non identifié sera capable d’embarquer entre 15 et 150 mètres d'altitude, une grande surface de panneaux photovoltaïques ultra-légers de 1 à 10 kilowatts ainsi que des fonctionnalités embarquées (caméra, antenne réseau, spot lumineux…). Replié, il tient dans un cube de moins d’un mètre de côté.

Les deux fondateurs - Cédric Tomissi et Julie Dautel, tous deux designers - ont imaginé leur start-up dans le cadre de l’ESS (économie sociale et solidaire). "Nous avons clairement un objectif d’impact positif que ce soit au niveau social et environnemental", souligne ainsi Julie Dautel.

C’est ainsi que leur ballon a d’abord été conçu pour répondre aux besoins spécifiques des associations humanitaires, pour les situations d’urgence et/ou d’isolement comme des hôpitaux de fortune ou des camps de réfugiés. Jusqu’à présent, les énergies renouvelables étaient peu utilisées dans ce type de situation. Mais le vent tourne. En Syrie, un camp de réfugié est déjà alimenté à 100 % en énergie solaire et l'UNHCR, l'organisme onusien dédié aux réfugiés, souhaite généraliser ce modèle.

Des ballons écolos pour des projets humanitaires et industriels

Le ballon de Zéphyr présente cependant plusieurs avantages compétitifs par rapports aux solutions actuelles."Contrairement aux panneaux solaires, il se déploie rapidement et n’a pas d’empreinte au sol. Il ne pollue pas, ce qui important alors que les générateurs de secours émettent des particules fines. Il ne demande pas non plus de maintenance", précise la co-fondatrice qui vise un marché estimé à 3,5 milliards d’euros (urgence et camps de réfugiés). La start-up est déjà en contact avec La Croix rouge française pour équiper des bases de vie et des bureaux en Afrique avec des ballons de petites puissances. Les plus grandes capacités, de l'ordre de 10 kW, sont attendues pour 2019.

En parallèle de ce marché, Zéphyr solar entend aussi se positionner sur les marchés de la surveillance de sites industriels et des télécommunications avec ses petits ballons embarquant caméras et antennes réseau. Des marchés lucratifs, estimés respectivement à 10,5 milliards et 6,3 milliards d’euros.

Pour satisfaire différents marchés, Zéphyr entend commercialiser deux versions de son ballon

Une levée de fonds pour changer d’échelle

Pour séduire les industriels et les investisseurs, la start-up mise sur le côté écologique de sa solution. Le ballon est éco-concu et prévu pour être facilement réparé et recyclé. L'ambition est d'être à terme certifié cradle-to-cradle, un label extrêmement exigeant en termes de recyclabilité. Avec un bilan carbone estimé à 2 525 kWh par kW installé, un ballon Zéphyr solar est sept fois moins émetteur qu’un groupe électrogène classique. Et son temps de retour énergétique (durée nécessaire pour produire suffisamment d’énergie pour compenser celle dépensée lors de la fabrication) est inférieur à 2 ans…

Des arguments qui ont déjà fait mouche. D’abord auprès de nombreux jurys, ce qui a permis à Zéphyr de pouvoir financer son premier prototype qui s’est envolé à Valencay (Indre) en avril dernier. Mais aussi d’industriels, notamment dans les télécoms, et de créateur d’événements, qui devraient présenter le prototype dans des festivals de musique dès l’année prochaine.

Reste à séduire les investisseurs pour pouvoir optimiser la solution en vue d'une industrialisation prochaine. Une levée de fonds de 500 000 euros est ainsi en cours jusqu’à la fin du mois sur Sowefund, une plateforme d’investissement participatif spécialisé dans les start-ups françaises. 

Béatrice Héraud @beatriceheraud


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