Publié le 12 mai 2017

L'APRES PETROLE

Engie ne pompera plus ni pétrole, ni gaz

Après s’être retiré de ses activités dans le gaz de schiste britannique, Engie (ex GDF Suez) vient d’annoncer la vente de l’ensemble de ses activités d’exploration-production d’hydrocarbures. La dirigeante Isabelle Kocher veut faire de son groupe un leader de la transition énergétique en tournant également le dos au charbon et au nucléaire.


Engie

Lorsqu’elle a pris la tête du groupe Engie en mai 2016, la directrice générale a très tôt affirmé qu’elle voulait faire de son entreprise un champion du monde bas-carbone. Ce 11 mai, elle a joint l’action à la parole en annonçant la vente de toute activité d’exploration et de production d’hydrocarbures du groupe.

C’est une véritable page qui se tourne pour Engie. GDF, uni à Suez en 2008 puis devenu Engie en 2015, avait développé une vraie expertise dans ce domaine sans toutefois parvenir à devenir un acteur significatif sur le marché. En 2016, le groupe a produit  148 000 barils équivalent pétrole par jour.

 

Réduire l’empreinte carbone

 

"Cette cession représente une étape majeure dans la mise en œuvre du plan de transformation d’Engie, qui vise notamment à réduire l’empreinte carbone du groupe", explique l’entreprise dans un communiqué. L’entité Exploration & Production International, forte de 1600 salariés, sera vendue au pétrolier britannique Neptune Energy et valorisée à hauteur de 4,7 milliards d’euros, dont 1,1 milliard d’euros de provisions pour le démantèlement des installations sortis du bilan.

"Ce projet de transaction s’inscrit dans la stratégie qui vise à devenir leader de la transition énergétique dans le monde, notamment en se recentrant sur la production d’électricité bas carbone et en réduisant son exposition aux prix des commodités", explique Isabelle Kocher.

Il y a deux mois, en mars dernier, l’entreprise s’était déjà séparée de ses activités dans le gaz de schiste britannique. Les 15 licences de l’entreprise française ont été vendues au groupe suisse de pétrochimie Ineos. Pour autant, Engie reste un gazier et l’un des premiers acteurs du gaz naturel liquéfié dans le monde "Combiné aux autres énergies, le gaz est en effet l’élément de stabilité indispensable d’un système énergétique décarboné", assure Isabelle Kocher dans une déclaration à l’Association Française du gaz.

 

Moins de nucléaire et de charbon

 

Outre les hydrocarbures, Engie est aussi en train de se retirer des activités dans la construction de nouveaux réacteurs. Le groupe était engagé dans deux projets. Le premier concernait la construction de nouvelles unités au Royaume-Uni dans le cadre du consortium Nugen, mais le Français a vendu ses parts à Toshiba. L'entreprise est toujours partenaire dans un projet de construction de 4 réacteurs en Turquie, mais il est probable qu’elle s’en retire à terme. En revanche, sa filiale Electrabel continue à exploiter sept tranches nucléaires en Belgique.

Toujours dans le cadre de sa mue énergétique, le groupe tourne aussi le dos au charbon et ferme ou cède ses principaux actifs. Ainsi en novembre dernier, l’entreprise a par exemple annoncé la mise à l’arrêt de la centrale d'Hazelwood (Australie), l’une des plus polluantes de la planète.

 

Pour en savoir plus : voir la formation de Novethic sur "Pétrole, gaz, charbon, des modèles économiques à haut risque".

Ludovic Dupin
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