Publié le 18 février 2015

L'APRES PETROLE

Allemagne : le charbon, tache noire de la KFW

La banque publique d’investissement allemande, la Kreditanstalt für Wiederaufbau, plus connue sous le sigle KFW, se présente volontiers comme le plus grand financier du monde des mesures de protection de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Mais l’institution passe sous silence une autre réalité: le financement de centrales et de mines à charbon à l’étranger. Une centaine d’organisations non gouvernementales (ONG), réunies au sein d'une "Alliance pour le climat", tannent la banque publique allemande pour qu’elle se désengage des énergies fossiles.

Siège de la KFW à Francfort.
Claire Stam / Novethic

"La KFW est la plus grande banque environnementale au monde."

C’est la déclaration prononcée le 4 février dernier par Ulrich Schröder, président du directoire de la KFW, lors de la conférence de presse des résultats annuels à Francfort. "Financer la lutte contre le réchauffement climatique fait partie des priorités de la KFW. Dans cette optique, le rendez-vous de Paris revêt une importance capitale, et la KFW compte bien y apporter sa contribution."

En 2014, l’institution bancaire a financé pour 74,1 milliards d’euros (contre 72,5 milliards en 2013) de projets. Sur cette manne, 26,6 milliards ont été consacrés à l’environnement et au climat.

Pour Norbert Kloppenburg, responsable des activités internationales de la banque publique, cela "représente une économie de CO2 de 10,5 millions de tonnes par an dans le monde, soit l’équivalent des émissions du Grand-Duché de Luxembourg".

 

3,3 milliards d’euros consacrés au charbon entre 2006 et 2013

 

Le 4 février, la KFW avait visiblement choisi de ne pas évoquer ses actions de financement des énergies fossiles. Une activité pourtant loin dêtre négligeable, comme la mis en lumière un récent rapport parlementaire sur la question.

Pour les Verts allemands (Die Grünen), la KFW a financé l’industrie du charbon à l’étranger à hauteur de 3,3 milliards d’euros  entre 2006 et 2013.

Charis Pöthig, le porte-parole de la banque, ne nie pas les chiffres. Mais il précise qu’au cours de la même période, la KFW a investi plus de 173 milliards d’euros dans des financements verts.

"Oui, le pourcentage est faible, reconnaît Kathrin Petz, de l’association Urgewald. Mais on ne peut se définir comme une banque environnementale et affirmer lutter contre le réchauffement climatique si on finance dans le même temps l’industrie fossile."

Urgewald fait en effet partie des 110 ONG qui forment le réseau Alliance pour le climat. Son objectif: faire pression sur Berlin pour qu’il engage le pays dans la sortie du charbon.

Le désinvestissement de la KFW du financement de la houille serait un progrès majeur dans la réalisation de cet objectif. 

Claire Stam
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