Principes directeurs de l’OCDE : accord financier entre Heineken et des anciens ouvriers congolais

Publié le mardi 29 août 2017 à 08h46

168 anciens ouvriers de la brasserie Bralima, une filiale de Heineken en RDC, ont reçu une compensation financière de la part de la maison mère Heineken à la suite d’un accord trouvé dans le cadre d’une plainte déposée en octobre 2015 devant le PCN (Point de Contact National) de l’OCDE néerlandais en 2015.  Un accord "confidentiel". Mais que le journal Le Monde estime à 1,1 million d’euros. 

L’accord constitue "précédent historique", selon Joseph Wilde-Ramsing, coordinateur d’OECD Watch qui souligne que les accords, notamment financiers, dans le cadre de plaintes liées aux principes directeurs de l’OCDE, sont rares. "Ce cas révèle le potentiel des PCN pour fournir un accès à la réparation et aider à résoudre les conflits entre les entreprises et les communautés à condition que les PCN aient suffisamment de ressources et de soutien politique", ajoute-t-il.

L’affaire remonte à la fin des années 90 lors de la guerre civile. Les ouvriers de la brasserie Bralima accusaient la brasserie d’avoir profité de la période de conflit pour licencier de façon abusive et d’avoir "collaborer avec le mouvement rebelle RDC-Goma". Or, Heineken, en tant que maison mère, "devait avoir connaissance de la situation et aurait dû user de son influence pour empêcher cet abus de droit des travailleurs", souligne SOMO, une ONG qui a conseillé les ouvriers pendant la procédure.

Des leçons qui ne pourront pas être partagées

Les deux parties se déclarent satisfaites selon Le Monde.

Un procès en justice "aurait pu créer d’énormes dommages à la réputation de la marque, remarque de son côté Me Channa Samkalden, qui a représenté pour une période les plaignants dit-elle. Un procès aurait fait ressortir la question de la collaboration avec les rebelles. Le brasseur aurait pu être obligé d’exhumer de vieux dossiers qu’il a préféré clore définitivement".

Le PCN néerlandais qui a par ailleurs fait plusieurs recommandations à Heineken, regrette cependant que "les leçons tirées de cette expérience ne pourront pas être partagées avec d'autres points de contact".

Béatrice Héraud