Droits sociaux : 7 fonds de pension européens excluent Ryanair

Publié le mardi 09 mai 2017 à 15h52

7 fonds de pension européens gérant 300 milliards d’euros d’actifs ont exclu Ryanair de leur portefeuille, selon le Financial Times. La raison ? La politique de la compagnie aérienne en matière de droits sociaux.  

 

Parmi les fonds de pension concernés : les danois ATP, PKA, Sam, Industriens Pension, PFA et Pension Danmark et le suédois Folksam. L’asset manager britannique Baillie Gifford et le cabinet de conseil aux investisseurs Hermes EOS ont également exprimé leurs préoccupations.  

Les controverses concernant Ryanair et le droit du travail ne datent pas d’hier mais se sont encore multipliés ces derniers mois. Parmi les principaux griefs : la question de l’origine des contrats de travail qui vient de faire l’objet d’un avis de la Cour de justice européenne donnant tort à la compagnie. Celle-ci a déjà été condamnée par le Danemark et la France pour avoir obligé les équipes locales à signer des contrats irlandais. Autre problème : les relations de la compagnie avec les syndicats. Ryanair s’est déjà illustré pour dénoncer le droit de grève des contrôleurs aériens dans des tribunes publiques. Elle a aussi délocalisé sa base aérienne en Lituanie pour opérer ses vols danois dans le but d’éviter les actions des syndicats danois…

Ces fonds de pension sont "mal informés" et "idiots", selon Michael O’Leary, le patron de Ryanair. "Nous n’avons pas eu de grève en 31 ans. Nous sommes probablement la seule compagnie aérienne en Europe qui a une politique en matière de droit du travail en ligne avec les attentes des investisseurs. Je ne pourrais pas me soucier moins que ça du désinvestissement !" a-t-il déclaré au Financial Times.  

Rappelons qu’avec 120 millions de passagers annuels, Ryanair est devenue en 2016 la plus grosse compagnie aérienne européenne. 

 

 

Béatrice Héraud