Des investisseurs pressent l’Australie d’adopter une loi contre l’esclavage moderne

Publié le lundi 15 mai 2017 à 08h30

Plus de 30 investisseurs intentionnels majeurs gérant près de 2 000 milliards de dollars d’actifs demandent à l’Australie d’adopter une loi de lutte contre l’esclavage moderne. C’est le sens d’une déclaration commune lancée par les Principes pour l’investissement responsable (PRI) et envoyée début mai au comité permanent mixte des affaires étrangères, de la défense et du commerce australien du Parlement australien. Celui-ci est actuellement en réflexion sur l’opportunité d’introduire une telle loi dans le pays.

Les investisseurs engagés dans la démarche (1) expliquent ainsi leur intérêt : "En tant qu'investisseurs, nous croyons que les problèmes de droits de l'Homme peuvent présenter des impacts financiers potentiels par le biais de dégâts réputationnels et de risques opérationnels pour les sociétés de nos portefeuilles. Une loi sur l'esclavage moderne améliorerait la transparence sur la façon dont les entreprises opérant en Australie gèrent les risques modernes d'esclavage dans leurs opérations et leurs chaînes d'approvisionnement".

Plus de transparence et d’engagement grâce à la règlementation

Les investisseurs font aussi référence à d’autres législations adoptées dans le monde pour lutter contre les violations de droits humains comme le Modern Slavery Act du Royaume-Uni (2015) et la loi californienne sur la transparence dans les chaînes d’approvisionnement  (2010) mais aussi la loi française sur le devoir de vigilance adoptée cette année ou encore la directive européenne sur le reporting extra-financier qui est en train d’être transposée par les États membres.  

"Les premières éléments montrent que les législations de la Californie et du Royaume-Uni améliorent la disponibilité de l'information pour les investisseurs, tout en augmentant l'engagement des entreprises de haut niveau, la transparence et l'action sur l'esclavage moderne. Une loi australienne complètera ces efforts", assurent les investisseurs dans leur déclaration.

Encore aujourd’hui, l’Organisation Internationale du Travail (OIT)estime que 21 millions de personnes sont victimes de travail forcé dans le monde. L’organisation chiffre également le profit illégal généré par cette forme d’esclavage moderne à 150 milliards de dollars.

(1)  Parmi les investisseurs signataires : AustralianSuper et Hesta, Church of Sweden, UK’s Church Investors Group, Aviva, Hermes, PGGM, PFZW…
 

Béatrice Héraud