Qui sont les parties prenantes de l'entreprise ?

Entreprise
Actionnaires

- Publier des informations extra-financières
- Répondre aux questions posées
- Adapter sa politique de management


Actionnaires
Entreprise

- Poser des questions
- Exercer son droit de vote dans les AG
- Contrôler le management de l’entreprise

Entreprise
Fournisseurs

- Inclure des clauses RSE dans les appels d’offres et d’achats
- Exercer un devoir de vigilance sur la chaîne d’approvisionnement


Fournisseurs
Entreprise

- Fourniture de produits responsables
- Contrôle des fournisseurs de rang inférieur

Entreprise
Collaborateurs

- Assurer des bonnes conditions de travail
- Prévenir les risques de discrimination et favoriser la diversité
- Impliquer les collaborateurs dans la stratégie RSE


Collaborateurs
Entreprise

- Participer à la démarche RSE
- Porter et relayer les messages RSE
- Intégrer la RSE dans sa pratique métier

Entreprise
Syndicats

- Négocier sur des thèmes liés à la RSE
- Consulter les syndicats pour élaborer un plan de vigilance ou le rapport RSE


Syndicats
Entreprise

- Alerter sur des pratiques non responsables
- Négocier sur des thèmes liés à la RSE
- Co-élaborer un plan de vigilance

Entreprise
ONG

- Dialoguer et consulter les ONG
- Répondre aux rapports et accusations


ONG
Entreprise

- Produire des expertises
- Dénoncer des entreprises voire appeler au boycott
- Dialoguer et accompagner des entreprises

Entreprise
Clients

- Concevoir et vendre des produits et services éco-conçus et socialement responsables
- Informer sur la composition et les conditions de production


Clients
Entreprise

- Acheter des produits et services respectueux de l’environnement et des hommes
- Demander plus de traçabilité
- Boycotter des produits et des services

Entreprise
Riverains

- Favoriser l’emploi local
- Évaluer l’impact environnemental et social de ses activités
- Limiter les pollutions et nuisances


Riverains
Entreprise

- Demander de l’emploi local
- Demander des aménagements pour réduire les nuisances

Entreprise
Pouvoirs publics

- Lobbying sur des thèmes liés à la RSE
- Fournir des produits responsables aux autorités locales et de l’État


Pouvoirs publics
Entreprise

- Élaborer des réglementations liées à la RSE
- Consulter les entreprises
- Mettre en place des critères RSE dans les marchés publics
- Exercer son pouvoir d’actionnaire



Cliquez sur l'un des acteurs pour connaître ses interactions avec l'entreprise

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Les parties prenantes sont les acteurs qui interagissent avec les entreprises. Il s’agit à la fois des collaborateurs mais aussi des fournisseurs, des clients, des pouvoirs publics ou des syndicats. Dans cette section, Novethic explique en quoi les parties prenantes sont essentielles à la RSE et détaille les interactions de chacune d’entre elles avec l’entreprise.

1. Qu'entend-on par "parties prenantes"?

Les parties prenantes de l’entreprise regroupent l’ensemble des acteurs qui ont un intérêt dans les activités de l’entreprise.

Ces parties prenantes peuvent :

  • participer à sa vie économique (salariés, clients, fournisseurs, actionnaires)
  • observer et/ou influencer son comportement en interne et en externe (syndicats, ONG)
  • être affectées, directement ou indirectement, par ses activités (communautés locales, collectivités locales, État...) de façon positive ou négative.

Plusieurs théories de management définissent les parties prenantes ainsi : "dans une corporation, les parties prenantes sont des individus et des groupements qui contribuent, volontairement ou non, à la capacité de créer de la valeur et de l’activité et qui en sont ses bénéficiaires potentiels et/ou en assument les risques".

Les parties prenantes sont traduites en anglais par stakeholders.

2. Pourquoi sont-elles un pilier de la RSE ?

Les parties prenantes sont un élément essentiel de la RSE (Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises).

Les entreprises qui pratiquent la RSE s'engagent à être transparentes envers leurs parties prenantes et à les associer à leur création de valeur (ce qu’on appelle en anglais la "stakeholders value") car ce sont elles qui assureront sa prospérité.

Elles se différencient en cela d’autres entreprises qui privilégient leurs actionnaires (en anglais "shareholder value") par rapport aux autres parties prenantes.

Les entreprises qui optent pour une stratégie RSE peuvent se référer à la norme ISO 26 000 afin de bien identifier leurs différentes parties prenantes et établir un dialogue avec elles.

3. Qui sont les parties prenantes de l'entreprise ?

Parmi les principales parties prenantes de l’entreprise, on peut citer : les collaborateurs, les fournisseurs, les syndicats, les ONG, les actionnaires, les communautés locales, les consommateurs et les pouvoirs publics.

Un actionnaire est propriétaire d’une partie du capital d’une société. Cela lui donne des droits, par exemple celui de voter dans les assemblées générales, que ce soit sur la rémunération des hauts dirigeants ou sur des thématiques particulières (ex: résolution sur la stratégie climatique de l’entreprise). L’actionnaire peut également percevoir une rémunération, sous forme de dividende.

Les actionnaires ont donc intérêt à ce que les  entreprises dans lesquelles ils investissent aient de bonnes performances économiques et financières mais pas seulement. Les investisseurs dits responsables (investisseurs institutionnels ayant une vision de long terme ou investisseurs pratiquant l’ISR par exemple) recherchent des entreprises ayant également de bonnes performances ESG (Environnement, Social et Gouvernance) parce qu’ils considèrent que ce sont ces entreprises qui s’adaptent le mieux.

Ils analysent leur niveau de pratique RSE grâce à des grilles sectorielles basées sur des critères ESG (notation extra-financières). Leur objectif : comprendre en quoi ces entreprises limitent certains risques, savent identifier les nouvelles sources de création de valeurs et transformer leur business model car ce sont des indicateurs sur leurs performances de long terme.

Pour pousser les entreprises à être plus transparentes et améliorer leur reporting ESG, les investisseurs peuvent engager un dialogue avec l’entreprise, seuls ou en coalition. C’est ce que l’on appelle l’engagement actionnarial. Dans un premier temps, les investisseurs vont échanger avec les entreprises pour obtenir des éclaircissements sur certains points et éventuellement demander des actions correctives. Mais si les entreprises ne répondent pas à leurs attentes (ex: en matière de politique climatique) ou si les polémiques sont trop importantes, par exemple suite à des violations de droits humains, les investisseurs peuvent les exclure de leur portefeuille.

Pour en savoir plus sur l’ISR

Les associations et ONG peuvent enquêter et évaluer les pratiques sociales et environnementales des entreprises en fonction de leurs domaines d’expertise (ex: climat/conditions de production/pesticides…). Elles peuvent aussi produire des contre-expertises qui provoquent des débats et ainsi jouer un rôle de lanceur d'alerte.

Elles peuvent notamment dénoncer le « greenwashing » ou le « socialwashing » de certaines entreprises qui mettent l’accent sur leurs vertus environnementales ou sociales sans en apporter les preuves. Cela peut donner lieu à des campagnes de dénonciation, voire de boycott lorsqu’elles considèrent que ces entreprises agissent contre les valeurs qu’elles défendent. A l’inverse, elles peuvent aussi accompagner les entreprises dans leur politique RSE à travers des partenariats ou un dialogue plus informel. Il est souvent nécessaire de combiner les actions de dénonciation et d’accompagnement (qui ne sont pas assurées par les mêmes ONG) pour faire avancer les entreprises sur un sujet.

Les ONG servent aussi souvent de lien dans les relations entreprises-riverains en portant la voix des communautés locales dont elles prennent la défense.

Certaines  ONG se sont constituées en réseaux sur les thématiques RSE. On peut citer, en France, le Forum Citoyen pour la RSE ou, en Europe, la Coalition Européenne pour la Responsabilité Sociale et environnementale des Entreprises (ECCJ).

Les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de bonnes pratiques, de traçabilité et de transparence sur les impacts environnementaux et sociaux des produits et services qu’ils achètent.

Les consommateurs ont un pouvoir sur l’entreprise: “le pouvoir du caddie”. Ils peuvent décider de privilégier l’achat de produits bio, équitables. A l’inverse, ils peuvent aussi de boycotter certains produits/entreprises/secteurs/pays. Entre les deux, ils peuvent aussi interpeller les entreprises en signant des pétitions lancées par des ONG ou en les interpellant sur les réseaux sociaux.

Les consommateurs/clients sont parfois invités à échanger avec des représentants des entreprises sur la vision qu’ils en ont sur les engagements environnementaux et sociaux de celles-ci dans le cadre de réunions/ateliers « parties prenantes ».

Les ressources humaines sont considérées comme un élément fondamental de la valeur immatérielle de l’entreprise et à ce titre les collaborateurs d’une entreprise sont des piliers de la RSE.

Les employés (salariés et intérimaires) font partie des acteurs les plus concernés par l’aspect social des politiques RSE des entreprises. Celles-ci s’appliquent en effet à améliorer les conditions de travail, à lutter contre les discriminations, à respecter l'équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle, à assurer un bien-être au travail à ses collaborateurs, à promouvoir la diversité et la mixité des équipes. Facteur de dialogue et d’innovation, la RSE suppose des modes de management respectueux des collaborateurs, participatifs, transversaux et non pyramidaux.

Les collaborateurs ont des attentes fortes en matière de RSE. La formation des salariés et leur implication dans la stratégie RSE de l’entreprise est donc essentielle. Elle permet aussi de développer l’engagement, la motivation et la loyauté des salariés envers l’entreprise ainsi qu’à attirer et conserver les meilleurs talents.

Les employés participent également, dans la pratique quotidienne de leur métier et/ou l’implication dans les actions mises en place par leur société, à la mise en œuvre  et au déploiement de la démarche RSE des entreprises.

L'implantation des entreprises sur un territoire suppose que leurs activités soient acceptées par les riverains.

Lors de l’implantation d’une nouvelle usine par exemple, une entreprise responsable va ainsi identifier les communautés potentiellement affectées et dialoguer avec elles. L’objectif est de favoriser l'acceptation et de prévenir les risques de conflits. Une fois ces étapes franchies, l’entreprise peut également mettre en place des programmes à destination des populations locales (ex : soutien à la création d'entreprises, aide aux infrastructures publiques, écoles, hôpitaux, etc). C’est particulièrement le cas dans les pays en développement où les entreprises sont attendues sur ces questions pour pallier les manques des États.

La redistribution des revenus, la réhabilitation écologique des sites et la prise en compte des droits humains font également partie des stratégies de RSE à mettre en œuvre par les entreprises dans leurs relations avec les communautés locales.

Les fournisseurs font partie de la « sphère d'influence » des entreprises. En tant que « donneuse d'ordre », l'entreprise est considérée comme co-responsable des activités de ses filiales et sous-traitants et de leurs impacts sociaux et environnementaux. C’est le sens de grands textes internationaux adoptés dans la dernière décennie et de la nouvelle loi française sur le devoir de vigilance.

L’entreprise donneuse d’ordre est tenue de contrôler l'application des référentiels, normes ou codes de conduite qu'elle a mis en place dans l'ensemble de sa chaîne de production.

Les politiques d'achats responsables se répandent dans les grands groupes. Cela permet aux plus petites entreprises d'être sensibilisées à la RSE mais aussi de valoriser leurs démarches si elles ont déjà été mises en place.

Les pouvoirs publics sont des parties prenantes de la RSE à plusieurs titres :

  • Ils peuvent édicter des réglementations qui incitent ou contraignent les entreprises à se conformer à certains standards sociaux, environnementaux ou de gouvernance. Eventuellement sous peine de sanctions.
  • En France, les pouvoirs publics peuvent aussi développer des labels destinés à valoriser les initiatives responsables, que ce soit dans l’investissement, les bâtiments, l’agriculture, la lutte contre les discriminations, l’égalité femmes-hommes ou les relations fournisseurs par exemple.
  • Les pouvoirs publics sont également des acteurs économiques. Ils peuvent être actionnaires d’entreprises ou avoir des relations commerciales avec certaines d’entre elles par le biais de la commande publique. En intégrant des critères RSE dans leurs appels d’offre, ils peuvent valoriser les entreprises les plus avancées en matières sociale et environnementales.
  • Enfin, l’Etat peut dialoguer avec les entreprises et d’autres parties prenantes sur des thématiques couvertes par la RSE. Cela a été le cas ponctuellement avec le Grenelle et les conférences environnementales. Une instance de discussion spécifiquement dédiée à la RSE a également été créée en 2013 : la plateforme RSE qui doit permettre une meilleure concertation entre représentants de l’État et la société civile sur ces sujets.

Aujourd’hui, les syndicats ne sont pas officiellement chargés de traiter des questions de RSE à l’intérieur des entreprises. Cependant en tant que défenseurs des intérêts des travailleurs, ils sont naturellement portés à se préoccuper des questions de responsabilité sociale (ex : conditions de travail) pour les salariés mais aussi les non permanents, les travailleurs détachés, les collaborateurs des filiales à l’étranger, etc. Les négociations conduites au sein des entreprises via les instances représentatives du personnel (IRP) ou au niveau national via les fédérations syndicales, peuvent aussi être liées à des thématiques RSE (ex: formation, diversité...).

Dans certaines entreprises les syndicats, en tant que parties prenantes, peuvent également être amenés à participer à l’élaboration ou au commentaire du rapport RSE mais aussi à celle du plan de vigilance destiné à réduire les risques en matière de droits humains ou d’impact environnemental.

L’apport des syndicats et des instances représentatives du personnel en matière de RSE pourrait cependant évoluer.  Une première concertation nationale paritaire sur la RSE a récemment été lancée avec les syndicats par la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) . Par ailleurs, plusieurs syndicats demandent à introduire les questions de RSE dans le dialogue social existant au sein de l’entreprise.

Au niveau international, les organisations syndicales peuvent aussi négocier des accords contractualisant les politiques sur la RSE avec la direction de grands groupes pour l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise, implantés dans différents pays. Il s’agit d’accords-cadres mondiaux. Ils peuvent être très généraux ou porter sur des points spécifiques (ex : lutte contre l’emploi précaire) et peuvent concerner tous les travailleurs de la chaîne d’approvisionnement du groupe (sous-traitants, voire intérimaires compris).

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