Publié le 15 décembre 2016

Pratiquer la RSE

Premier cadre international de reporting sur le risque climat pour les entreprises

11 recommandations pour construire un cadre global de reporting sur les risques climat pour les entreprises, tel est le fruit du groupe de travail international piloté par Mike Bloomberg. Cette Task force sur le reporting climat (TFCD) a été lancée fin 2015 par le Conseil de stabilité financière du G20. Composée d’une trentaine de professionnels de haut niveau venus du monde de la finance, des entreprises et du conseil, elle a remis son premier rapport le 14 décembre à Paris. 

Michael Bloomberg
DR

"Notre rapport va pousser la transparence sur les risques liés au changement climatique et orienter les financements vers une économie bas carbone", a annoncé fièrement Mike Bloomberg, le patron de la Task force sur le reporting climat. Celui-ci propose des lignes directrices aux entreprises de tous secteurs pour identifier des risques économiques et financiers auxquels elles sont exposées et mettre en avant les réponses qu’elles y apportent.

Les conséquences du changement climatique dans leurs rapports financiers doivent être traitées sous trois angles : les risques physiques (type événements extrêmes, montée des eaux…),  les risques de dépréciation massive (comme ceux qu’ont connus les producteurs de charbon et d’électricité) et les risques de régulation (type taxe carbone…).

Les recommandations de la Task force sont organisées autour de quatre thèmes : la gouvernance, la stratégie, la gestion des risques, les indicateurs et objectifs.

Sur le premier, la Task force recommande que les dirigeants de l’entreprise s’emparent du sujet.

Sur le second, elle suggère de définir une stratégie alignée sur un scénario climatique limitant le réchauffement à 2 degrés, comme le recommande l’Accord de Paris.

Sur les indicateurs et objectifs, la Task force incite les entreprises à donner des informations sur toutes les émissions de gaz à effet de serre (directes, indirectes et induites) et les encourage à adopter des objectifs de réduction ambitieux.

 

Le rôle central des actionnaires


 

Lors de la présentation au siège d’Axa à Paris, les débats ont été animés autour du rôle des actionnaires vis-à-vis de la transparence sur les risques climat dont les entreprises doivent faire preuve. Eux aussi doivent adopter des stratégies actives de mesure de leurs propres risques, ce qui ne doit pas se limiter à la réalisation d’une simple mesure d’empreinte carbone. Si l’évaluation des risques liés au climat qui ont un impact mesurable sur leurs portefeuilles commence à se répandre, ils sont aussi appelés à financer la transition énergétique pour développer une économie résiliente et bas carbone, et ce mouvement est encore limité.



Le rôle des investisseurs est d’autant plus clef que ces recommandations n’ont, pour l’instant, pas de force juridique. Elles sont en consultation publique jusqu’au 15 février et devraient être approuvées par les chefs d’État du G20 réunis à Hambourg le 7 juillet prochain. Libre ensuite à chacun des pays membres de les transposer dans leur législation.

Créer un cercle vertueux pour ne pas conduire le changement climatique à déstabiliser non seulement la planète terre mais aussi la planète finance pour laquelle il constitue un risque systémique, tel est l’objectif du Conseil de stabilité financière. Reste à convaincre tout le G20, qui compte parmi ses membres les États-Unis, la Russie, le Brésil ou encore l’Arabie saoudite.

Anne-Catherine Husson-Traore
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