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Publié le 15 janvier 2013

ISR / RSE

Le marché des « métiers verts » progresse

Selon la dernière édition du baromètre publié par le cabinet Orientation durable, les secteurs des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique tirent le marché de l'emploi vers le haut, tandis que les métiers liés à la RSE restent un marché de niche. Les offres d'emploi liées aux ONG et aux Collectivités sont en baisse.


2219 offres d'emplois à fin octobre 2012, soit une hausse de 75% par rapport à l'année précédente : le marché des métiers « verts » se porte plutôt bien selon le Baromètre que vient de publier le cabinet Orientation durable . Ces chiffres, qui intègrent les offres d'emplois recensées sur plus de 120 sites Internet, généralistes et spécialisés, à une date donnée (octobre 2012 pour cette édition), font état de 1 290 postes dans les énergies renouvelables, 575 pour l'efficacité énergétique et 123 pour l'audit et le management environnemental.
Le secteur des énergies renouvelables fait donc figure de « locomotive » pour 2013, avec une « très forte croissance » des offres d'emplois commerciaux (+120%), tandis que les offres pour les postes techniques sont en recul de 6%. Explication : la priorité pour les entreprises du secteur va au développement, même si ces postes sont tirés par le bas en termes de salaires par les incertitudes des investisseurs sur le moyen terme. Les incertitudes réglementaires et financières subies par ce secteur, qui compte de nombreuses PME/PMI, n'y sont probablement pas étrangères. L'épisode douloureux vécu par la filière photovoltaïque fin 2010 (moratoire, baisse des tarifs, durcissement du cadre réglementaire...) avait en effet hypothéqué l'avenir de nombreuses PME en France, à l'instar d'autres pays européens comme l'Allemagne et l'Italie...Début janvier, le gouvernement a cependant annoncé des mesures de relance des filières solaire et élolienne, notamment en relevant les tarifs d'achats.

L'efficacité énergétique, un marché prometteur

Les offres d'emplois liées à l'efficacité énergétique connaissent de leur côté une hausse de 128%, notamment les offres « techniques », grâce aux réglementations (directive européenne sur l'efficacité énergétique, audits, amélioration de la performance énergétique des bâtiments, rénovation des logements existants, contrats de performance énergétique, etc). « Comme lors des précédentes éditions, ce sont les offres d'ingénieur et de techniciens qui connaissent la plus forte hausse, bien que l'évolution des postes de commerciaux et de chargés d'affaires soit également favorable et significative. L'efficacité énergétique est donc incontestablement le secteur le plus dynamique du DD en 2012 en termes de création d'emplois », souligne le Baromètre. Côté rémunérations , celle d'un ingénieur en efficacité énergétique débute autour de 39 000 euros annuels et s'élève à 50 000 euros pour les cadres confirmés. Pour les cadres en charge du développement commercial, les échelles de rémunérations vont de 55 000 à 120 000 euros annuels pour les fonctions de directions commerciales.
Plus limité, le marché des offres d'emplois liés à la RSE (117 offres) concerne essentiellement des postes de mises aux normes (notamment ISO 26000) et reste un marché de niche.

Il ne faut pas attendre cependant « de boom des offres avant 2015 », explique le Baromètre, date-clé de la directive européenne sur la RSE. En attendant, les candidats doivent se méfier du « mythe » de l'expert en développement durable ; les entreprises privilégient en effet les profils de professionnels ayant intégré la RSE à un secteur ou à un métier particulier, donc plus opérationnels. Elles préfèrent également confier ces missions à des salariés en interne et créent donc peu de postes ex-nihilo. Côté rémunérations, l'échelle est large, à l'image de la diversité des métiers de la RSE : de 18 000 euros bruts annuels à... 250 000 euros dans une multinationale pour les postes les plus prestigieux. Les chargés de missions et consultants sont rémunérés de 18 000 à 45 000 euros annuels et les directeurs DD de 53 000 à 95 000 euros, tout comme les consultants séniors.

Enfin, le Baromètre rappelle que le rapport remis, en septembre 2012, par l'Inspection générale des Finances indique que l'emploi dans les écoactivités progresserait plus rapidement que l'emploi intérieur total de l'économie française, avec une augmentation de 50% par rapport à 1997. Pour 100 emplois "classiques" créés en 2012, 136 auraient été créés dans les secteurs dits "verts".

Véronique Smée
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