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Publié le 06 décembre 2012

ISR / RSE

La RSE mieux prise en compte dans les grandes entreprises, selon le baromètre Capitalcom

Le 5ème Baromètre annuel sur la RSE dans les entreprises du CAC 40 publié par l'agence Capitalcom fait apparaître une montée en puissance de la RSE dans la stratégie des entreprises et dans leur gouvernance. Les démarches sont plus structurées et de plus en plus chiffrées.

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Rapports RSE : l'analyse du CFIE

« De légers progrès ont été observés entre 2011 et 2012, mais certaines informations méritent encore être développées » souligne le CFIE, qui attribue aux rapports RSE une note moyenne de 60,6 sur 100. Le niveau de transparence des rapports s'améliore légèrement (+8,6 %), une évolution supérieure à la moyenne des progressions observées depuis la promulgation de la loi NRE en 2002 (+7,9 %). Pour autant, des sujets tels que les opérations réalisées dans les paradis fiscaux ou dans les juridictions à faible niveau de transparence, ne sont quasiment jamais évoqués. D'autres sujets comme l'organisation du travail ou les risques de violations des droits humains « accusent encore un déficit d'information ». Autre point faible : 39 % des thèmes abordés par les entreprises ne sont accompagnés d'aucun indicateur chiffré susceptible d'évaluer l'efficacité des moyens mis en œuvre par l'entreprise. La question du périmètre pose toujours problème, de nombreuses données ne concernant encore qu'un périmètre réduit.( durée du temps de travail, risques psychosociaux, diversité...). L'étude préconise, notamment, que les rapports soient plus précis dans la définition des périmètres de consolidation couverts et dans la description des méthodologies utilisées pour mesurer les résultats chiffrés présentés.


Plusieurs indicateurs révèlent la prise en compte croissante de la RSE dans la stratégie des entreprises, selon le baromètre 2012 de Capitalcom.
Au niveau du management, le nombre d'entreprises qui indexent une part variable de la rémunération de leurs dirigeants ou de leurs cadres sur des critères extrafinanciers a ainsi « presque doublé en cinq ans ». Elles sont 21 en 2011. Si cette part représente, en moyenne, 15 % de la rémunération variable des dirigeants pour les groupes du CAC 40, elle peut aller jusqu'à un tiers dans des entreprises comme France Télécom Orange ou Danone. Par ailleurs, les directeurs développement durable ont « rapidement pris beaucoup de poids au sein des grands groupes », puisque « près d'un quart d'entre eux ont intégré le comex ou le codir (comité de direction) ». C'est le cas chez France Télécom Orange, GDF Suez, L'Oréal, Pernod-Ricard, PPR, Total, Vinci, ou Vivendi. A titre d'exemple, Capitalcom rappelle qu'un groupe comme Danone utilise, pour évaluer la performance de ses 1 400 cadres dirigeants, la règle du bonus en 3 tiers (1/3 fondé sur des objectifs économiques, 1/3 sur des objectifs sociaux et environnementaux et 1/3 sur la performance individuelle).

Autre indicateur, l'intégration de la RSE à la présentation de la stratégie lors des assemblées générales est pratiquée par un groupe sur deux. En matière de gouvernance, 14 entreprises ont crée un comité dédié aux enjeux RSE au sein de leur conseil d'administration, soit 3 fois plus qu'il y a 5 ans. Certains comités dédiés à la RSE ont en outre été fusionnés avec des comités de stratégie. Côté gouvernance, la présence d'administrateurs salariés ou les salariés actionnaires au conseil. On en dénombre 39 en 2012, siégeant dans 16 conseils d'administration. En la matière, la France part de très loin : en moyenne, une société du CAC 40 comprend seulement 0,9 administrateur salarié contre 7,1 dans les grandes entreprises allemandes, selon l'étude sur la gouvernance du cabinet Ernst & Young publiée en octobre. Les salariés sont détenteurs - en moyenne - de près de 5% (4,33% exactement au 31 juillet 2012) du capital des entreprises du CAC 40.


Augmentation du nombre d'objectifs chiffrés

Le nombre moyen d'objectifs chiffrés extra-financiers a augmenté, passant de 9 en 2010 à 10 en 2011. Les objectifs environnementaux arrivent toujours en tête (54%), puis le social (27%). Par ailleurs 6 groupes - Air Liquide, France Télécom Orange, EDF, Lafarge, Schneider Electric et Veolia Environnement- se sont fixé des objectifs sociétaux chiffrés. Lafarge est l'entreprise qui comptabilise le plus grand nombre d'entre eux (dialogue avec les parties prenantes, accès à l'habitat durable, implication des salariés dans la société civile ou encore développement économique local). Le cimentier, tout comme Danone, a par ailleurs sollicité ses parties prenantes pour élaborer sa stratégie (« Ambitions Développement Durable 2020 »), tandis que Danone a constitué un panel d'experts, de leaders d'opinion et d'ONG pour finaliser sa vision Nature 2020.

Enfin, la saison des assemblées générales 2012 a également été marquée par l'inclusion quasi-systématique de la RSE à la présentation du business model des entreprises du CAC 40. 19 groupes ont ainsi fait le choix de présenter leur politique sociale et environnementale comme l'une des composantes majeures de leur stratégie de croissance. Le poids de la RSE dans le déroulé des AG se maintient, comparé à 2011. 7 minutes en moyenne pour une fraction qui représente environ 10% de la durée des AG en 2012. La typologie des questions posées par les actionnaires sur ce thème reflète les trois piliers traditionnels de la RSE, et notamment leurs préoccupations sur les enjeux sociaux et environnementaux : 13 questions ont porté sur la dimension environnementale de la RSE, 12 sur sa dimension sociale et 4 sur la dimension sociétale.

Véronique Smée
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