Publié le 01 septembre 2015

ISR / RSE

Éthique et partage, le premier fonds français qui exclut les énergies fossiles

"Éthique et partage" est l’un des premiers fonds éthiques français. Il vient d'annoncer qu’il exclurait désormais les énergies fossiles. Cette annonce, une première en France, symbolise l’émergence d’un mouvement de désinvestissement des entreprises les plus nuisibles pour le climat. Pour le CCFD-Terre solidaire, bénéficiaire du fonds, il était indispensable de mettre en cohérence ses engagements environnementaux avec la gestion de ce produit financier.

Photo d'illustration
istock

"Le climat est aujourd’hui une question éthique et morale, qui justifie de mettre en place une gestion financière cohérente avec nos valeurs" explique Geneviève Guenard, directrice financière du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD) Terre solidaire. "Nous avons d’abord été sensibilisés par les campagnes de désinvestissement ciblant les 200 entreprises les plus polluantes de la planète. La publication de l’encyclique du Pape est ensuite venue conforter nos réflexions".

L’ONG joue un rôle clef pour Éthique et Partage, géré par la société de gestion Meeschaert, puisqu’elle est à la fois associée au comité de gestion et en charge du comité éthique. "C’est le seul fonds sur lequel nous avons un vrai pouvoir de décision et c’est un fonds action, ce qui facilite les choses" explique Geneviève Guenard. "Nous avons donc décidé, en juin, d’ajouter les énergies fossiles à notre liste d’exclusion. Il a fallu ensuite que la société de gestion fasse les délibérations nécessaires, en juillet, puis que l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) valide la démarche, en août, pour enfin entrer en vigueur, en septembre." Les montants désinvestis seront réinvetsis dans les énergies renouvelables et autres démarches d'économies d'énergie, précise-t-elle.

 

Une politique de sélection exigeante

 

La stratégie d’investissement d’Éthique et Partage prévoit donc désormais "d’écarter du portefeuille les entreprises détentrices des plus grandes réserves de charbon, de pétrole et de gaz au niveau international et plus concrètement celles qui figurent dans l’indice The Carbon Underground 200TM".

Le fonds Éthique et Partage ayant déjà une politique de sélection très exigeante, il n’avait qu’une seule entreprise en portefeuille du secteur extractif. Elle a été vendue.

Sa politique de désinvestissement des énergies fossiles a des conséquences financières très limitées, mais elle incarne le retour d’un investissement responsable éthique qui souhaite écarter certains secteurs d’activité. Faiblement développé en France pendant longtemps, il pourrait retrouver une nouvelle dynamique si les appels au désinvestissement en version française se développent.

La première journée du désinvestissement organisée à Paris ce 1er septembre, en présence de la star du mouvement 350.org, Bill Mac Kibben, pourrait y contribuer. "Nous pensons que notre démarche va probablement amener les épargnants à poser des questions à leurs gestionnaires de portefeuilles" conclut Geneviève Guenard. "C’est cela qui pourrait entraîner d’autres fonds ISR français à adopter une démarche d’exclusion similaire."

Anne-Catherine Husson-Traore
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