Publié le 03 avril 2015

ISR / RSE

Energies fossiles : sous pression, un fonds de pension néerlandais investit dans l’éolien

Le fonds de pension des fonctionnaires néerlandais ABP a reçu, mi-mars 2015, une pétition signée par plus de 10 000 personnes, pour sortir des énergies fossiles controversées au nom du risque climatique qu’elles représentent pour le pays et ses actifs financiers. Dans le même temps, son gestionnaire de fonds a annoncé un investissement éolien qui lui avait jusque là semblé trop risqué. Une parfaite illustration des débats en cours dans les grandes institutions financières européennes.

Présentation de la pétition par cinq membres du mouvement au vice-président d’ABP, José Meijer, dans le cadre d’une réunion sur le désinvestissement organisée à Amsterdam le 17 mars 2015.
Go Fossil Free Pays-Bas

Le vice-président de l'un des plus grand fonds de pension mondiaux, le néerlandais ABP, a reçu, le 17 mars 2015 à Amsterdam, une pétition signée par plus de 10 000 personnes dont beaucoup de ses propres membres.

Cette pétition lui demande de cesser d’investir dans les énergies fossiles les plus destructrices du climat : charbon, gaz de schiste, sable bitumineux. Les pétitionnaires soulignent le double risque carbone auquel est exposé le fonds qui gère plus de 340 milliards d’euros.

 

Une prise de conscience des risques financiers et climatiques

 

Le premier, d’ordre financier, est lié à la dépréciation potentielle de ses investissements dans des énergies en déclin financier, à l’image du charbon américain (lien article charbon) ; le second, d’ordre physique, relève des inondations à répétition qui vont frapper les Pays-Bas et donc fragiliser son économie et ses fonds de pension.

Cette pétition est le résultat d’une campagne, entamée depuis plusieurs mois, qui ne laisse pas indifférent  le fonds de pension des fonctionnaires d’Etat. "Pour la première fois cette année, nous avons reçu une information globale et complète du fonds de pension ABP sur sa gestion des risques climatiques" explique Julian Poulter, directeur de l’Asset Owner Disclosure Project, une ONG qui note les politiques sur les risques climatiques des grands fonds de pension mondiaux.

Il ajoute que "Près de la moitié de son portefeuille est exposé à un risque carbone de façon très concrète alors qu’il a investi moins de 2 % de ses encours dans des projets bas carbone".

 

Pas d'exclusion normative, mais un changement de cap progressif

 

Manifestation supplémentaire de ce changement de cap qu’appellent de leurs vœux les 10 000 signataires de la pétition adressée à ABP, son gestionnaire APG a annoncé un investissement dans un champ d’éoliennes off shore qu’il avait d’abord trouvé trop risqué sur un plan financier.

Ce n’est pas le premier financement vert du fonds de pension néerlandais. Il a déjà investi 1 milliard dans des énergies renouvelables soit un peu plus de 3% des 30 milliards d’euros placés dans le secteur de l’énergie, infrastructures comprises.

Il souhaite doubler cette somme, mais ne veut pas exclure systématiquement les énergies les plus controversées : "Vendre toutes nos actions de producteur de charbon en deux ans serait trop brutal" explique Herman Geers, le porte-parole d’APG "mais notre rôle est de de faire de l’engagement actionnarial auprès de ses compagnies pour qu’elles développent des stratégies plus respectueuses du climat".

Anne-Catherine Husson-Traore
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