Publié le 22 décembre 2015

ISR / RSE

RSE : où va la fonction développement durable ?

Il existe près de 200 directions développement durable (DD et RSE) en France aujourd’hui et près de 10 000 entreprises rapportent sur les sujets relatifs au développement durable. "Pour elles, le temps de la mission de la conformité est terminée. S’ouvre le temps de la mission de production d’une valeur de durabilité compétitive", assure l’Institut RSE dans son rapport prospectif sur l’évolution de la fonction développement durable des entreprises publiée en septembre (1).

Photo d'illsutration
istock

L’approche défensive de la RSE - basée sur la conformité- c’est fini ! Si les différentes règlementations internationales et nationales ont permis de poser un cadre, il faut désormais veiller à ne pas enfermer la RSE dans une vision étriquée de la durabilité qui consisterait à une simple "compliance".

Place donc à la "valeur de durabilité compétitive", selon l’Institut RSE (qui vient d’être racheté par EY). De quoi s’agit-il exactement ? "C’est une nouvelle façon attendue de produire en logique de découplage ; d’accessibilité, d’équité et de loyauté (DEAL)", explique le cabinet de conseil.  

Dans ce cadre, quel est l’avenir de la fonction RSE ? Selon l’Irse, elle doit jouer "un rôle moteur spécifique, qui compte dans la compétitivité et la légitimité du business". Comment ?

  1. les fonctions RSE doivent permettre de mieux intégrer la durabilité dans le business modèle de leurs entreprises. 
  2. 4 conditions sont nécessaires au succès de la mission de durabilité : le lien avec la gouvernance, l’appropriation des enjeux, la prise en compte de la matérialité et la collaboration avec les parties prenantes
  3. La fonction RSE a vocation à devenir la direction de "la relation à la société" et à produire des services innovants (la "fonction de la performance durable").
  4. Il faut que les cadres normatifs et incitatifs convergent.

 

Le témoignage du terrain  

 

Pour Fabrice Bonnifet, le Directeur Développement Durable & QSE du Groupe Bouygues, sa principale mission consiste aujourd’hui à "donner envie aux entités du groupe de faire du business autrement". Comment ? "Nous avons une sorte de fonction de consultants internes sur la durabilité. Et cela marche de mieux en mieux". Mais cela ne va pas sans difficulté.

"Il faut beaucoup d’humilité quand on va montrer des bonnes pratiques à nos collègues, particulièrement ceux qui sont chaque jour au contact des clients. Ce sont eux aussi qui connaissent le marché. Chez Bouygues, nous réinventons notre business en tentant de changer la roue en roulant ! Nous proposons de plus en plus de produits durables – notamment une bourse d’échange des déchets de chantiers appelée soldating- tout en continuant à proposer des produits plus classiques pour les clients plus conservateurs. La réglementation nous pousse : elle nous impose de recycler 70 % des produits en 2020 et 100 % en 2030…Une autre clé de réussite passe par le management : il faut libérer les initiatives, faire participer l’ensemble des collaborateurs au succès de l’entreprise. C’est, je crois, la plus grande difficulté".  

 

(1)   L’étude complète est disponible sur le site internet de l’Institut RSE.

Béatrice Héraud. Article initialement paru dans L’essentiel de la RSE n°111 (octobre-décembre 2015)
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