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Publié le 18 juin 2013

ISR / RSE

La plateforme RSE en ordre de marche

Demandée par plusieurs organisations - des ONG au patronat- depuis plus d'un an, la plateforme sur la RSE a été officiellement lancée ce 17 juin par le Premier ministre, qui s'était engagé sur la question lors de la conférence environnementale de septembre 2012. Les premiers travaux sont prévus en septembre.

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Réunion d'ouverture de la plateforme à Matignon
BH

La composition de la plateforme

La plateforme réunit 48 membres répartis en 8 collèges, composés de 6 représentants ainsi qu'un secrétaire permanent en poste au sein de commissariat général à la stratégie et à la prospective, précise le projet de règlement (en date de juin 2013).

Les 8 collèges sont composés de : l'Etat, les élus, les employeurs et les salariés. les réseaux multi-acteurs (ORSE, FIR, Coordination Sud et 3 représentants du Forum citoyen pour la RSE et les organisations environnementales (FNE, WWF, Les Amis de la Terre, Greenpeace France, FNH, Humanité et biodiversité), les praticiens (observatoire des achats responsables, association de consommateur, Collège des directeurs développement durable, Association nationale des directeurs des ressources humaines, Fondation agir contre l'exclusion) et les personnalités qualifiées (Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable, Association pour le développement de l'enseignement et de la recherche sur la RSE, deux économistes spécialistes des liens entre économie et RSE, une personnalité qualifiée dans le domaine de l'égalité homme-femme et une personnalité dans le domaine des RH).

Enfin ! Après des mois de discussion, la plateforme sur la RSE réclamée par un aréopage d'organisations aussi variées que le Forum citoyen sur la RSE, les organisations patronales et les syndicats a officiellement été lancée le 17 juin. Selon Jean Marc Ayrault qui a ouvert la première séance de la plateforme , celle-ci doit être « un espace de dialogue et de concertation qui doit permettre à tous les acteurs concernés de débattre dans une même enceinte de la RSE ». « Souvent abordée de manière fragmentée, la RSE sera ici discutée de manière transversale » comme le montre le chapeautage par le Premier ministre et le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (ex Centre d'analyse stratégique). « Il s'agira de lui donner du sens, du contenu, de lui donner un second souffle et de cohérence pour qu'elle s'applique également aux organisations, entreprises - grandes et petites- aux pouvoirs publics...Et qu'elle parle aux Français » a détaillé Jean-Marc Ayrault.

« La RSE est un aspect important de la politique sociale du gouvernement,- et sera d'ailleurs traitée lors de la conférence sociale du 20/21 juin- mais aussi de la compétitivité des entreprises » affirme le Premier ministre. Et ce notamment à l'export, comme il l'a souligné avec la ministre du Commerce extérieure, Nicole Bricq, qui semble faire de la RSE l'un des axes prioritaires de sa politique (voir son action dans le cas des problèmes de sous-traitance au Bangladesh ). Une marque de prise en main de la RSE au plus haut niveau gouvernemental dont s'est réjoui l'ensemble des participants, du C3D (collège des directeurs du développement durable) au Forum citoyen pour la RSE en passant par FNH ou des parlementaires comme Philippe Noguès. Mais qui reste à se traduire en actes.

Les sujets qui vont être sur la table

Concrètement qu'aura donc à discuter cette plateforme dont la prochaine réunion est prévue le 17 septembre ? Plusieurs sujets sont sur la table : la question de l'élargissement de la RSE aux PME, la définition de politiques sectorielles, l'équilibre entre la règlementation et le volontarisme des entreprises, ou encore la définition d'une stratégie nationale dans le cadre européen, ont été largement abordés. Cependant les groupes de travail thématiques restent encore à définir.

En attendant cette échéance « trop lointaine » pour Daniel Lebègue, le président de l'ORSE a demandé la mise en place de groupes de travail d'ici l'été, prioritairement sur l'examen du rapport Molinié, Drago, Brovelli sur la « Responsabilité et performance des organisations » rendu le 13 juin au Premier ministre ainsi que le plan national de stratégie nationale sur la RSE que « nos partenaires européens, notamment allemands », attendent avec impatience rappelle Daniel Lebègue.

Pas sûr pour autant qu'il soit entendu car les commissions se bousculent à tous les niveaux : « nous avons eu pas moins de 160 réunions depuis la conférence environnementale » souligne Robert Durdilly, chargé de la RSE au sein de l'organisation patronale (et patron de l'UFE) « maintenant il faut que l'on se pose la question du suivi et de la faisabilité de ce que nous y décidons », insiste-t-il.

Une gouvernance à débattre

Reste aussi à régler des questions que l'on croyait tranchées, notamment sur la composition et la gouvernance de cette plateforme, rédigée sans consultation des parties concernées. Les ONG environnementales, comme la Fondation Nicolas Hulot, se réjouissent de leur participation, ainsi que le C3D qui réunit les responsables RSE en entreprises. Patrick d'Humières en revanche déplore au nom de l'Association des sociétés de conseils en DD et RSE (ADD) d'avoir été évincé de la plateforme où il dénonce justement « une surreprésentation des ONG environnementale et des universitaires, qui coupe la plateforme des réalités de terrain économique »... Quant au Medef, et l'ensemble du patronat avec lui, il a notamment protesté contre le nombre trop important de collèges : 8 composés de 6 personnes (voir encadré), « ce qui est un peu lourd pour mener des travaux avec efficacité, d'autant que de cette manière, les entreprises, qui sont les acteurs premiers de la RSE se trouvent ainsi noyées dans la masse », explique Robert Durdilly, qui suggère que la participation des entreprises à la plateforme dépendra du compromis trouvé sur la question... Mais « le format proposé aujourd'hui » a beau « ne pas être figé » comme la rappelé le Premier ministre, on voit cependant mal comment on pourrait revenir en arrière...

Actualisation: Le 12 juillet 2013, Michel Doucin, jusqu'alors ambassadeur français chargé de la bioéthique et de la RSE a été nommé secrétaire général de la plateforme sur la RSE. Il exercera en parallèle une mission de conseiller diplomatique auprès du Conseil économique social et environnemental pour faire le lien avec les travaux internationaux sur la RSE.

Béatrice Héraud
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