Publié le 16 février 2017

ISR / RSE

Donald Trump perd son très contesté ministre du Travail

Andrew Puzder n’aura pas eu le temps d’entrer en fonction. Le ministre du Travail désigné par Donald Trump a retiré sa candidature avant même d’être confirmé par le Sénat. En cause : des accusations de travail au noir, qu’il a reconnu. Une goutte d’eau parmi les plaintes – discriminations raciales, harcèlements sexuels, violations du droit du travail – dont fait l’objet CKE, la chaîne de restauration rapide dont il est le PDG. 

Face à la fronde, Andrew Puzder, candidat contesté au poste de ministre du Travail, a jeté l’éponge mercredi 15 février.
Drew Angerer / Getty Images North America / AFP

Semaine difficile pour Donald Trump. Après la démission de son conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, soupçonné d’intelligence avec le Kremlin, c’est au tour du futur ministre du Travail d’être contraint de se retirer. 

Andrew Puzder a été rattrapé par d’anciennes affaires. Il a reconnu avoir employé au noir une femme de ménage en situation irrégulière et ce pendant plusieurs années. Une révélation qui l’a considérablement affaibli et qui a semé le doute dans le camp républicain. Ces "pratiques personnelles d’emploi" [me] donnent "de sérieuses préoccupations", déclarait mardi le sénateur Tim Scott.

 

Fronde de sénateurs républicains

 

Andrew Puzder avait besoin de l’appui de son camp pour être confirmé à son poste par les sénateurs. Les Républicains possèdent 52 sièges sur 100, donc la majorité, mais au moins 12 d’entre eux avaient renoncé à le soutenir.

Face à la fronde, le candidat a jeté l’éponge. "Je retire ma candidature au poste de secrétaire au Travail", a-t-il déclaré mercredi 15 février dans un communiqué. 

 

Anti-salaire minimum, anti-syndicat

 

Depuis l'annonce de sa nommination, Andrew Puzder est un candidat contesté au poste de ministre du Travail. PDG de la chaîne de restauration rapide CKE, il est connu pour ses positions anti-salaire minimum et anti-syndicat.

Les salariés de la restauration rapide réclament depuis plusieurs années un salaire minimum de 15 dollars (14,4 euros) par heure. Leur salaire n’a pas été revalorisé depuis 2009 et plafonne à 6,5 euros de l’heure. Andrew Puzder s’oppose fermement à une augmentation, estimant que cela engendrerait des pertes d’emplois, tout en défendant une… automatisation du secteur.

Il s’est également positionné contre une nouvelle règlementation introduite par Barack Obama permettant d’étendre le principe de rémunération des heures supplémentaires à plus de quatre millions d’Américains.

De manière générale, le millionnaire promeut l’assouplissement de la règlementation des entreprises. 

En tant que PDG de CKE, Andrew Puzder a également fait face à de nombreuses protestations. Des plaintes pour discriminations raciales, harcèlements sexuels ou encore violations du droit du travail ont été déposées contre le groupe. Selon Capital & Main, depuis l’arrivée d’Andrew Puzder à la tête de CKE, les sociétés de restauration rapide Carl’s Jr. et Hardee, détenues par CKE, ont fait l’objet de plus de plaintes pour discrimination à l’emploi que n’importe quelle autre chaîne de fast-food.

 

Une "victoire pour l’ouvrier américain"

 

"Ils (les politiques NDRL) doivent se rendre compte que leur travail n’est pas de protéger les intérêts des sociétés irresponsables mais de protéger les droits de tous les travailleurs qui méritent et se battent pour une vie meilleure, a réagi Marc Perronne, président du Syndicat unifié des travailleurs de l’alimentation et du commerce. Le retrait de M. Puzder prouve que le peuple américain a encore une voix et le pouvoir de façonner notre gouvernement." 

La Maison Blanche n’a pour l’instant pas réagi au retrait de son candidat. Les Démocrates ont salué "une victoire pour l’ouvrier américain"

Marina Fabre
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