Publié le 01 novembre 2012

ISR / RSE

Comment la RSE est-elle perçue par l'opinion ?

CAPITALCOM et l'Observatoire de la Performance Intégrée ont cherché à mesurer et analyser la perception de l'opinion publique en matière de responsabilité sociale des entreprises. Le rôle social de l'entreprise reste prépondérant devant l'environnement.

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Co-construit par cinq grandes entreprises partenaires (Air Liquide, AXA France, GDF Suez, Saint-Gobain, Société Générale) et piloté par CAPITALCOM, l'Observatoire de la Performance Intégrée a pour vocation de mesurer et d'analyser la perception de l'opinion publique en matière de performances sociale, environnementale et financière. Cette première enquête révèle que l'importance de la RSE dans l'appréciation des entreprises n'est jugée que « très grande » par 13% des sondés, mais « grande » à 43% et « limitée » à 33%. Moins de 5% ne lui accordent aucune importance et 6% ne se prononcent pas. Les bénéfices identifiés par l'opinion publique, par ordre décroissant sont la construction d'une croissance de long terme, l'accroissement de la motivation des salariés, une meilleure réponse aux attentes des clients, une meilleure maîtrise des risques, la stimulation de l'innovation, l'attraction pour les talents et en dernier lieu, l'amélioration de l'image de l'entreprise. « De manière générale, la dimension économique de la RSE est mis en avant par les répondants, bien plus que les enjeux d'image qui n'arrivent qu'en dernière position », explique Anne Carmier, directrice de projet chez CapitalCom. L'Observatoire montre que la RSE est également considérée comme un levier de croissance.


Par ailleurs, les Français attendent de la RSE, par ordre de priorité, qu'elle favorise la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail, la préservation des ressources naturelles et l'emploi et l'insertion professionnelle. « Ces attentes sont directement liées aux activités des entreprises, ou faisant partie de leur périmètre d'action immédiat, commente Anne Carmier. Les grands enjeux de société comme la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale ou le changement ne sont pas associés à la responsabilité de l'entreprise ». Les Français attendent également (84%) des entreprises qu'elles rendent leur démarche sociale, environnementale et financière plus lisible par le plus grand nombre. De fait selon le sondage, les Français associent intuitivement la responsabilité sociale des entreprises à leur croissance économique/financière, dès lors que les entreprises restent focalisées sur leurs champs d'activité. Les questions liées à la mondialisation comme la sous-traitance dans les pays du Sud ne sont pas évoquées, bien que le rôle social de l'entreprise soit prépondérant pour une majorité de sondés. De manière générale, la perception de la RSE reste assez hexagonale et peu reliée aux questions internationales dans cette enquête.

La RSE liée aux activités directes

« Les réalisations des entreprises en matière de responsabilité sociale sont très favorablement appréciées par les Français - tout comme les bénéfices de cette démarche - dès lors que les entreprises interviennent dans leurs champs d'activité », souligne l'enquête.
A l'inverse, l'opinion publique est plus mesurée sur les enjeux transverses à l'ensemble de la société, comme la lutte contre le changement climatique ou encore la lutte contre la pauvreté et l'exclusion - « ces derniers revenant, selon les Français, à l'Etat, la sphère institutionnelle et associative ».
Les réalisations des entreprises les mieux évaluées en matière de responsabilité sociale sont le développement des nouveaux produits et/ou services, la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail, le développement des compétences des salariés, le développement économique des territoires, la promotion de la diversité et de la mixité.
Enfin, « les Français attendent surtout des entreprises qu'elles s'expriment de façon claire et lisible sur l'imbrication de leur démarche sociale et environnementale avec leur modèle économique et financier. Les entreprises en tireront un bénéfice d'autant plus important - en termes de croissance comme de perception - qu'elles mettront en œuvre cette intégration », conclut l'enquête.

Méthodologie : étude réalisée auprès d'un échantillon de 1006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence. L'échantillon a été interrogé en ligne, du 25 au 30 septembre 2012.

Véronique Smée
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