Publié le 03 mai 2016

ENVIRONNEMENT

Climat : des contributions nationales encore loin d’atteindre les 2°C

Quelques jours après la signature de l’Accord de Paris à New York par 177 pays, la Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) vient de publier une nouvelle synthèse des contributions des États pour lutter contre le réchauffement global. Désormais, ce sont 161 INDC qui ont été déposées par 189 pays. Que faut-il retenir ? Des progrès constatés, mais encore beaucoup à accomplir pour limiter l’augmentation de la température sous les +2°C d’ici la fin du siècle.

Image d'illustration.
iStock

Depuis octobre dernier et la première synthèse de ces INDC réalisée par la CCNUCC, 42 pays supplémentaires ont soumis leurs contributions climatiques. Désormais, ce sont 189 pays* qui se sont engagés dans la voie de la transition énergétique vers un monde plus sobre en carbone. Ils représentent 95,7% du total des émissions mondiales.

Mais la conclusion est identique à celle d’octobre : bien que 83% des INDC comprennent une composante d'adaptation, ces plans climat "ne sont pas encore suffisants pour maintenir la hausse de la température mondiale à 2°C, voire à 1,5°C", déplore la CCNUCC.

 

74% du budget carbone consommé en 2030

 

Ainsi, la mise en œuvre de ces INDCs entraînerait l’émission de 55 gigatonnes d'équivalent CO2 (Gt éq. CO2)  en 2025 et de 56,2 Gt éq. CO2 en 2030. Cela représente 40% d’émissions supplémentaires en 2025 par rapport à 1990 et 44% en 2030. Et par rapport à un scénario 2°C, cela correspond à un surplus de 8,7 Gt éq. CO2 en 2025 et de 15,2 Gt éq. CO2 en 2030. Par ailleurs, la CCNUCC estime que nous aurons alors consommé 53% de notre budget carbone en 2025… et les trois quarts en 2030 !

 

 

Cependant, grâce à ces contributions, la moyenne mondiale des émissions par personne pourrait être réduite de 8% d’ici 2025 et de 10% d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990.

Par ailleurs, l’organisation salue le fait que 155 parties communiquent désormais sur des objectifs climatiques globaux et non plus sectoriels. Ils n’étaient que 61 lors de la précédente synthèse. "En outre, la plupart des Parties ont fourni des informations qui facilitent la clarté, la transparence et la compréhension de leurs INDCs. L'exhaustivité et la qualité des informations communiquées dans les INDCs représentent une avancée significative par rapport aux informations communiquées dans le cadre de la période pré-2020", se réjouit la CCNUCC.

 

Plus de transparence

 

"Les informations contenues dans les INDCs montrent une tendance claire vers l'introduction de politiques nationales à faible émission et un développement résilient au climat. Les informations fournies par les Parties mettent en évidence l'importance croissante du changement climatique dans les agendas politiques nationaux", poursuit-elle.

L’Accord de Paris a acté un mécanisme de révision des INDC tous les cinq ans. Mais un premier rendez-vous est prévu dès 2018. Il s'agit d'un "dialogue de facilitation entre les Parties" sur les efforts déjà entrepris et leurs futurs engagements. Les États qui n'ont pris des engagements que jusqu'en 2025, comme les États-Unis par exemple, seront incités à les actualiser à ce moment-là. Un premier bilan global des impacts de ces contributions sera effectué en 2023.

 

* Au 4 avril 2016
Concepcion Alvarez
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