Publié le 02 avril 2003

GOUVERNANCE D'ENTREPRISE

ADP veut balayer à sa porte

L'établissement public Aéroport de Paris gère l'équivalent d'une petite ville, avec l'ambition d'en faire la plate-forme la moins polluante d'Europe. Explications sur sa stratégie environnementale.

default

Cible de nombreuses critiques d'élus, de médecins, et d'associations de riverains, pour l'impact de ses activités sur l'ensemble des franciliens, l'établissement public Aéroports de Paris (ADP) revendique une approche volontariste des questions environnementales sur son strict territoire. " Nous avons cherché à faire le ménage sur tous les éléments que nous maîtrisons directement ", insiste Franck Le Gall, le coordinateur du management environnemental d'ADP. A titre de preuve, l'entreprise brandit la certification environnementale ISO 14001, obtenue en 2001 par l'aéroport de Roissy et en 2002 par celui d'Orly. " Cette certification nous donne la légitimité pour animer et donner l'impulsion à une politique environnementale de tous les acteurs présents sur nos plates-formes ", précise Franck Le Gall.
Premières concernées, les compagnies aériennes, quelque soit leur nationalité. Mais aussi les entreprises de services, parmi lesquelles les préparateurs de plateaux-repas qui " produisent " un quart des déchets recueillis sur les sites d'ADP ; les loueurs de véhicules ; les sociétés d'entretien des avions, qui fournissent par exemple l'avitaillement en kérosène ou effectuent les vidanges des appareils. Au total 70000 personnes travaillent dans 700 entreprises réparties sur Orly et Roissy. " Notre objectif est qu'une personne sur trois travaille dans une entreprise dotée d'un système de gestion de l'environnement, d'ici à 2005 ", assure Franck Le Gall

Rapport environnemental et débat public

Concrètement, ADP veut travailler comme un gestionnaire de territoire, à l'image d'une commune. Les chantiers environnementaux touchent aussi bien la collecte des déchets que le traitement des eaux ou l'entretien des espaces verts. Selon la direction, un cinquième de la flotte des véhicules d'ADP carbure à l'électricité ou au GPL. A Orly, un tri sélectif a été mis en place, qui permet de diriger les déchets vers l'incinérateur du marché de Rungis, lequel fournit en retour l'aéroport en énergie de mai à octobre. Toujours à Orly, la réutilisation des eaux pluviales dans le système de climatisation, permet l'économie de 70000 mètres cubes du précieux liquide chaque année. Le projet est à l'étude pour Roissy.
Enfin, l'environnement est aussi affaire de communication. ADP publie chaque année un rapport " environnement et partenariat ", qui veut offrir des gages de transparence en ouvrant ses colonnes au débat. L'édition 2001 de ce document - celui de l'année 2002 n'est pas encore disponible - donne ainsi la parole à des représentants d'associations de riverains, élus et responsables d'institutions peu soupçonnables de connivence avec ADP. On peut y lire que " la mise en œuvre de nos recommandations, tant par les pouvoirs publics que par les gestionnaires, est beaucoup trop lente ", sous la plume de Roger Léron, le président de l'Acnusa (Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires). Le député-maire de Gonesse Jean-Pierre Blazy y rappelle pour sa part la " longue tradition de non-transparence " des pouvoirs publics et acteurs aéroportuaires, tout en saluant leur récente et " salutaire " prise de conscience des exigences environnementales.

W. B.
© 2014 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

Suivez-nous