Publié le 10 mars 2015

EMPREINTE TERRE

Soutenabilité des ressources : l’Agence Européenne de l’Environnement tire la sonnette d’alarme

L’Europe a encore des progrès à faire pour mener à bien sa transition énergétique. C’est le constat de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) dans son rapport de 2015 sur l’état et les perspectives de l’environnement en Europe. L'état des lieux ainsi dressé est préoccupant, notamment en ce qui concerne la consommation des ressources européennes. L’Union européenne doit revoir sa copie, et se donner les moyens de ses ambitions si elle veut réussir son virage vers une société bas carbone à l’horizon 2030-2050.

Incinérateur de déchets à Ivry-Sur-Seine
Manuel Cohen

Pour élaborer son rapport, l'AEE a passé au crible trois grandes familles de critères : l’état des capitaux naturels, l’usage des ressources, et les risques sanitaires liés à l’environnement. La question des ressources est particulièrement critique.  

 

Découpler utilisation des ressources et croissance économique  

 

Pour l’AEE, il est urgent de “faire plus avec moins”. En effet, c’est à partir d’une utilisation moins intensive des ressources que pourra s’opérer la transition énergétique vers une économie verte.  

À cet égard, le facteur temporel est important : il ne suffit pas seulement d’être plus efficace dans l’utilisation des ressources, ou que cette dernière croisse moins rapidement que le PIB, il est également primordial de décorréler les deux.

Or, l’analyse de l’AEE montre que l’Europe en est encore loin. Malgré une consommation domestique de matières premières en baisse de 18% sur la période 2007-2012, une diminution de 19% des émissions à effet de serre depuis 1990 et une meilleure gestion des déchets, les tendances à l’horizon 2020 restent mauvaises. D’autant que sur cette période, la pression environnementale est en partie due à la crise financière de 2008.

Le document distingue aussi les tendances à moyen terme (d'ici 5 à 10 ans) de celles à plus de 20 ans. Le bilan est préoccupant : si 4 postes sur 7 sont en en progrès à courte échéance, le tableau se montre beaucoup plus mitigé à long terme :

 

 

Des objectifs politiques inatteignables avec les mesures en place

 

Malgré des priorités stratégiques volontaires de la Commission européenne, comme la feuille de route pour une Europe efficace dans l’utilisation des ressources, ou la feuille de route pour une économie sobre en carbone, la vision européenne manque encore de précision dans ses orientations à long terme, déplore l’agence, qui appelle à des “mesures plus ambitieuses”.  

Par exemple, l’Europe s’est fixé pour objectif de réduire d’ici 2050 ses émissions de gaz à effet de serre, de 80 à 95% par rapport au niveau de 1990. Mais l’objectif est inatteignable, selon les tendances actuelles dégagées par le rapport.  

 

Le rôle-clé de l’investissement dans le succès de la transition énergétique  

 

Pour atteindre ses objectifs, l’UE identifie 4 piliers fondamentaux : sa mise en œuvre, son intégration à l’économie actuelle, l’information disponible, et les investissements.  

Si une part de ce financement relève de choix politiques, comme l’abandon progressif des subventions défavorables à l’environnement, le secteur privé a aussi un rôle à jouer, souligne la Commission dans son 7ème programme d’action pour l’environnement.

Car les besoins financiers requis pour créer les conditions d’une économie verte sont conséquents. L’UE les chiffre à 270 milliards d’euros par an pendant 40 ans pour les seuls secteurs de l’agriculture, de la construction et des transports.  

Sarah Sermondadaz
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