Publié le 02 décembre 2016

Pratiquer la RSE

Pêche durable : le label MSC est-il fiable ?

C'est l'un des plus connus des consommateurs. Destiné à lutter contre la surpêche, le label MSC est critiqué par plusieurs ONG environnementales, dont le WWF, qui en est pourtant partie prenante. En cause : des irrégularités, des exigences à la baisse, voire des "conflits d'intérêts". Le consommateur peut-il faire confiance au label de pêche durable ? 

Le consommateur peut-il faire confiance au label de pêche durable ? Le label MSC est critiqué par WWF. Ci-dessus, pêche au thon albacore au large de la Thaïlande.
H3CT02 / iStock

Le label MSC (Marine Stewardship Council) pris sous le feu des critiques. Créé en 1997, il ambitionne "d’améliorer la santé des océans". Comment ? En certifiant des pêcheries, des conserveries, selon une gestion durable des stocks de pêche. Le but : permettre aux consommateurs de ne pas acheter des poissons menacés d'extinction.

Mais un rapport interne du WWF, membre des organes de gouvernance du label, remet en cause la certification MSC de certaines pêcheries. Particulièrement celle de la compagnie Maldives Pole & Line, spécialisée dans la pêche à la ligne de thons tropicaux (albacore et listao) dans l'océan Indien. Les stocks d’albacore sont faibles dans cette zone et aucun quota ne limite la quantité de capture. Face à l’objection du WWF, la certification de la pêcherie a été suspendue en avril 2016.

Le rapport de l'ONG dénonce des "exigences de labellisation en baisse", des "irrégularités" et même des "conflits d’intérêts".

 

Le label est-il efficace ? 

"Les pêcheries labellisées s’améliorent", note le MSC dans son rapport annuel sur les impacts environnementaux. "Les stocks de poissons sont en meilleure santé".

 

Les exigences du label ont elles baissé ?

Non, selon Jo Gascoigne, certificatrice indépendante du label MSC depuis 8 ans. "Au contraire, les critères sont de plus en plus exigeants." Mais pour WWF et Greenpeace, la certification de l’empereur, poisson des grands fonds dont la reproduction est lente, ou celle de pêcherie de thons dans l’océan Indien, est "un non sens" pour le label. "Les stocks sont surexploités", estime François Chartier de Greenpeace.

 

Y a-t-il conflit d’intérêt ?

75% du budget de MSC provient de la labellisation de produits. "Notre organisation est à but non lucratif, notre budget sert surtout à faire avancer le référentiel et sensibiliser les consommateurs", se défend le MSC. Depuis sa création, 23 000 produits ont été labellisés. Une croissance qui révèle un intérêt grandissant des pêcheries pour le label, estime-t-il. Greenpeace y voit plutôt une volonté de "certifier un maximum de volume ou de pêcheries au détriment des performances environnementales".

 

Droits humains.

François Chartier dénonce l’absence de critères de droits sociaux et humains. Il pointe les atteintes aux droits des travailleurs de l’entreprise thaïlandaise Union, maison mère de Petit Navire, certifiée par MSC. Il estime que ce label est "moins pire" que les autres mais ne le juge globalement pas digne de confiance.

Le WWF estime quant à lui, au moins officiellement, que le label MSC reste à ce jour crédible sur la pêche durable. 

Marina Fabre
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