Publié le 19 juin 2015

EMPREINTE TERRE

Réduction de la pollution : les constructeurs automobiles officiellement dans les clous

La plupart des grands constructeurs automobiles ont déjà atteint l’objectif 2015 de réduction des émissions de dioxyde de carbone en Europe, fixé à 130g CO2/km. C’est ce que révèlent les données de l’Agence Européenne de l’Environnement, relayées par l’organisation européenne "Transport & Environnment".

Photo d'illustration
Vktkv / Flickr

En 2007, l’Union Européenne s’est dotée d’une réglementation imposant aux constructeurs automobiles un objectif de réduction des émissions de CO2 issus des véhicules mis en vente sur le marché européen. Ce seuil limite a déjà été atteint par dix des treize constructeurs automobiles ayant vendu plus de 150 000 véhicules en 2012.

 

Les véhicules de moins en moins polluants

 

En sept ans, l’émission moyenne d’un véhicule personnel est ainsi passée de 158g CO2/km à 123g CO2/km, soit une réduction de 22%. L’étude de Transport & Environnment estime que cela équivaut à une économie de 1,35 litre tous les cent kilomètres, soit 2 700 litres sur la durée de vie moyenne d’un véhicule (environ 200 000 kilomètres).


Trois des grands constructeurs concernés n’ont pas encore atteint l’objectif imposé par la réglementation européenne : il s’agit de Hyundai, Suzuki et Honda. Ce dernier est le seul (avec BMW) dont les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté entre 2013 et 2014 (+0,4%).


D’autres constructeurs ont pour leur part réalisé des progrès significatifs en matière d’émissions. Nissan (-12,1%), Peugeot-Citroën (-4,8%) et Mazda (-4,4%) formant le trio de tête.

Au rang des constructeurs les moins polluants, Peugeot-Citroën réalise la meilleure performance, les tests indiquant un rejet moyen de 110g de CO2/km. Toyota et Renault, autre constructeur français, réalisent des performances très proches avec respectivement 112 et 113g CO2/km.

 

Un fossé grandissant entre les tests et les émissions réelles

 

Transport & Environnment met cependant en garde contre un excès d’optimisme. En effet, même si les émissions des véhicules testés se sont améliorées chaque année de 3,6% en moyenne ces huit dernières années, il n’en va pas de même des émissions mesurées en conditions réelles.


Entre 2008 et 2014, celles-ci ont baissé de 8% seulement, s’établissant en moyenne à 165g de CO2 par kilomètre et n’ont plus baissé depuis 2012. Cette différence croissante s’explique en partie par le fait que les constructeurs exploitent de manière croissante les failles du test NEDC (New European Driving Cycle, ou Nouveau cycle européen de conduite en français), utilisé pour estimer les émissions de CO2 rejetées par les véhicules.

Testés sous certaines conditions, les véhicules émettent des niveaux de dioxyde carbone inférieurs à ceux observés en situation réelle. Ce test, conçu il y a près de quarante ans, doit être remplacé d’ici deux ans par une procédure plus précise et permettant de mesurer plus précisément les émissions des véhicules légers en simulant des cycles de conduite plus proche des conditions réelles.


Pour Transport & Environnment, la création d’un label fiable, accordé aux véhicules les moins polluants, permettrait de donner aux automobilistes des informations nécessaires sur l’empreinte écologique d’un véhicule avant un éventuel achat. L’organisation européenne plaide également pour l’introduction au plus tôt des nouvelles procédures de test. La commission européenne s’est prononcée pour une mise en œuvre de ces nouvelles procédures dès 2017, aucune date n’a en revanche été fixée par les états membres

Gary Dagorn
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