Publié le 13 février 2017

EMPREINTE TERRE

Environnement : les constructeurs automobiles demandent à Trump des normes moins sévères

Dans un courrier adressé à Donald Trump le 10 février, une quinzaine de constructeurs automobiles américains demandent de rouvrir le dossier des normes destinées à réduire la consommation de carburant. Ils évoquent leur impact négatif sur les niveaux de production et des centaines de milliers d’emplois.

Le président Donald Trump avec Mary Barra, directrice générale de General Motors, et Sergio Marchionne, directeur général de Fiat Chrysler Automobiles, lors d'une entrevue à la Maison blanche, le 24 janvier.
Thew / Pool via CNP / DPA / AFP

Emplois contre baisse des normes environnementales. C’est le deal que proposent des constructeurs automobiles au président américain. Dans un courrier adressé à Donald Trump et dévoilé par Reuters, les patrons de General Motors, Ford, Fiat Chrysler Automobiles et des filiales américaines de grands constructeurs étrangers (Toyota, Nissan ou Volkswagen), demandent de revenir sur les nouvelles normes destinées à réduire la consommation de carburant. Un courrier qui fait suite à une demande déjà formulée lors d'un rendez-vous avec le président en janvier.

Selon l’accord conclu en 2011 entre l’administration Obama et les constructeurs, l’agence de protection de l’environnement américaine (EPA) avait jusqu’à 2018 pour décider d’augmenter les niveaux d’économie de carburant d’ici 2025. Mais l’ancien directeur de l’agence a préféré ne pas attendre. La décision a été prise 13 janvier dernier, juste avant la prise de fonction de Donald Trump. 

Les constructeurs demandent donc au président de rouvrir le dossier. Sans "présager du résultat", certes, mais le message est clair : les normes environnementales sont un frein au développement de l’emploi. 

Les nouvelles normes devraient en effet coûter plus de 200 milliards de dollars aux constructeurs automobiles sur 13 ans et "pourraient menacer les niveaux de production futurs, mettant en péril des centaines de milliers, voire un million, d'emplois", écrivent-ils dans leur courrier. 

 

Un gouvernement au diapason

 

Les constructeurs savent que l’argument peut faire mouche. L’emploi est en effet le cheval de bataille du nouveau président. Ils l’ont appris à leurs dépens en début d’année.

Ciblés par des tweets de Donald Trump les menaçant de fortes taxes s’ils ne produisaient pas sur le sol américain les produits qui leur étaient destinés, certains, comme Ford et Fiat-Chrysler, ont déjà montré des gages de bonne volonté en annonçant des relocalisations d’usines aux États-Unis. 

Les constructeurs s’appuient aussi sur les positions climato-sceptiques de la nouvelle administration. Le président n’a cessé, pendant sa campagne, de répéter qu’il n’hésiterait pas à revenir sur toutes les normes environnementales, notamment dans le but de redynamiser l’emploi.

Pour s’en assurer il a ainsi désigné à la tête de l’EPA Scott Pruitt, un climato-sceptique notoire. Ce dernier a d’ailleurs précisément expliqué qu’il réexaminerait cette décision sur les normes de consommation de carburant lors de l’une de ses auditions de confirmation au Sénat (il doit être confirmé en plénière, mais la date n’est pas encore connue). 

La révision ne sera cependant pas chose aisée, s'accordent à dire plusieurs experts juridiques américains. Le processus pourrait en effet être long et faire l'objet de poursuites judiciaires de la part des associations environnementales. Par ailleurs, la Californie, qui représente le plus gros marché automobile américain et qui est le seul État fédéré à pouvoir prendre des normes plus restrictives que le gouvernement fédéral, a également annoncé qu’elle pourrait, en cas prise d’une telle décision par l’administration Trump, user de ce droit.

Béatrice Héraud
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