Publié le 11 janvier 2017

EMPREINTE TERRE

Climat, environnement : Obama met en garde Trump

Barack Obama a prononcé hier son discours d’adieu aux Américains, dans son fief de Chicago. Ses 8 années de mandat ont été marquées par son engagement sur les questions climatiques et environnementales. Barack Obama a profité de ce discours pour mettre en garde son successeur sur ces questions. Donald Trump a déjà annoncé sa volonté de remettre en cause le legs politique de son prédécesseur.

Barack Obama lors de son dernier discours en tant que président des Etats-Unis, le 10 janvier 2017
Bilgin Sasmaz Anedolu Agency AFP

L’ère Obama se referme aux États-Unis. Le président sortant a prononcé la nuit dernière un discours en forme de testament politique dans son fief de Chicago.

Une ère qu’il a voulu conclure par une note d’optimisme sur son bilan et l’avenir. "Yes we did", a-t-il ainsi conclu en référence à son slogan de 2008, "Yes we can".

Parmi les motifs d’autosatisfaction du président, son action en matière climatique et environnementale. "En 8 ans nous avons réduit de moitié notre dépendance au pétrole étranger, doublé notre énergie d’origine renouvelable (la production solaire a été multipliée par 30 NDLR) et emmené le monde à un accord (L’Accord de Paris, NDLR) qui a la promesse de changer le monde", a-t-il ainsi déclaré.

Barack Obama a toujours affiché sa volonté de marquer l’histoire en matière d’environnement. Le sujet a eu une place de choix dans les discours  du président et jusqu’aux derniers moments de son mandat, il a pris des mesures en faveur de la protection des zones naturelles (en Arctique mais aussi dans l’Utah et le Nevada) ou encore en faveur de la protection des ours polaires. Sa dernière tribune publiée le 9 janvier, dans le journal Science, est également consacrée à la lutte contre le changement climatique et à "l’irréversible momentum des énergies propres".

 

Revers

 

Mais le programme environnemental de Barack Obama a aussi été marqué par des revers et des renoncements. Revers sur son  programme phare, le  Clean Power Plan destiné à baisser les émissions des centrales électriques américaines dont beaucoup sont encore alimentées par le charbon. Celui-ci a en effet été suspendu par la Cour suprême saisie par les républicains. L’hostilité républicaine aura aussi eu raison de ses rêves d’une grande loi sur le climat ou de sa volonté de mettre fin aux subventions fossiles.

Renoncements aussi sur la fracturation hydraulique, qui n’aura pas été interdite, tant le développement du gaz et pétrole de schiste a permis au pays de réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger.

Mais le président se veut aussi réaliste sur les défis qui restent à relever. Malgré les efforts déployés sur les renouvelables notamment, les États-Unis sont aujourd’hui largement distancés par la Chine. Et l’avenir du programme environnemental américain reste incertain avec la prise de fonction prochaine de son successeur. Donald Trump – qui doit tenir sa première conférence de presse aujourd’hui-  a toujours montré ses doutes face au changement climatique et appelé à défaire les réglementations prises pendant ces dernières années en matière d’environnement.

"Sans volonté d’admettre les faits et la science, nous allons continuer de parler les uns contre les autres sans jamais trouver de terrain d’entente", a ainsi rappelé Barack Obama prenant l’exemple du réchauffement climatique. "Nier le problème, ce n’est pas simplement trahir les générations futures, c’est aussi trahir l’esprit initial de ce pays, cet esprit d’innovation et de résolution pragmatique des problèmes qui a guidé nos fondateurs".

"Sans une action plus ambitieuse, nos enfants n’auront pas de temps pour débattre de l’existence du changement climatique, alerte-t-il. Ils seront occupés à gérer ses effets: catastrophes environnementales, crises économiques et vagues de réfugiés climatiques".

Béatrice Héraud
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