Publié le 18 mai 2017

EMPREINTE TERRE

[VIDEO] Agriculture, écologie, travail, santé… Les 7 ministres qui vont compter

Ils viennent de tous les bords et de tous les milieux. Bruno Le Maire, Les Républicains, prend la tête du ministère de l’Économie. Le militant écologiste Nicolas Hulot mènera la transition écologique. L’ancienne DRH de Danone, Muriel Pénicaud, aura la lourde charge de la réforme du travail... Novethic présente les sept nominations de la présidence Macron qui vont compter en matière d'économie responsable.


@CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Édouard Philippe, Premier ministre, l'homme de droite

Le maire Les Républicains du Havre, Édouard Philippe, a été nommé lundi 15 mai, Premier ministre. Il devra diriger un gouvernement très éclectique. Cet ancien juppéiste s’inscrit pleinement dans la stratégie de rassemblement d’Emmanuel Macron. Un virage nouveau pour celui qui a toujours suivi les positions de son groupe parlementaire Les Républicains. Ainsi, Édouard Philippe, en tant que député, s’est opposé aux principales lois environnementales ou celles liées à la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Et son ancien statut de cadre d'Areva interpelle certaines ONG. Mais dans ce gouvernement d'ouverture voulu par Emmanuel Macron, toutes les cartes sont rebattues.

 

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, va affronter la réalité politique

Nicolas Hulot a finalement accepté le poste de ministre d’État à la Transition écologique et solidaire. L’ancien présentateur d’Ushuaïa avait pourtant refusé tous les postes offerts par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou encore François Hollande. Désireux de préserver son indépendance, il misait sur le collectif. Cette fois, pourtant, il a dit oui. Dans sa nouvelle tâche, il sera épaulé par la nouvelle ministre en charge des Transports, Elisabeth Borne, ancienne directrice générale de la RATP. La vraie question sera de savoir s’il est en mesure d’affronter la réalité politique de l’écologie.

 

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, devra calmer ses ambitions libérales

Bruno Le Maire, ancien candidat à la primaire Les Républicains, récolte lui le ministère de l’Économie. Ancien ministre de l’Agriculture sous Nicolas Sarkozy, il a vite pris ses distances avec le représentant de la droite et du centre, François Fillon, lors de la campagne présidentielle. Défenseur d’une politique économique libérale, il devra pourtant se modérer sur bien des sujets. Emmanuel Macron prévoit d’étendre l’assurance-chômage à tous les actifs quand Bruno Le Maire encore candidat préférait baisser progressivement les allocations. Mais les réformes du travail que souhaite mener le nouveau Président pourraient les réunir. Les deux sont favorables à la négociation du temps de travail dans le cadre d’accords d’entreprise.

 

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, une femme de consensus

Pour mener à bien ses réformes du travail, Emmanuel Macron a choisi Muriel Pénicaud. Peu connue du grand public, elle est pourtant une figure de l’entreprise. Directrice générale de Business France et ex-DRH de Danone, la remplaçante de Myriam El Khomri a reçu le soutien de la patronne du MEDEF, Laurence Parisot. "Chère @murielpenicaud , votre nomination est une excellente nouvelle pour le dialogue social ! Bravo et tous mes vœux de réussite", a tweeté l'ancienne patronne des patron.

 

Même Jean-Claude Mailly, syndicaliste FO s’est satisfait de sa nomination. "C’est quelqu’un que je connais, qui a eu une grande expérience à la fois en cabinet ministériel puisqu’elle fut au cabinet de Martine Aubry, ministre du Travail, mais à la fois comme DRH de grandes entreprises, dont Danone qui est une entreprise quand même assez réputée sur sa dimension sociale. Donc la nomination de la ministre du Travail est a priori plutôt rassurante".

Le journal Le Point a par ailleurs exhumé un rapport de 2010 commandé par François Fillon sur le stress au travail. Trois personnalités, dont Muriel Pénicaud, en ont eu la charge. Les auteurs préconisent la "méthode douce", racontent une dégradation des conditions de travail contre laquelle il faut lutter, ils recommandent de prendre en compte l’humain et de limiter les dérives en conditionnant les bonus des managers à la performance sociale. Un profil qui fait consensus. De quoi limiter, pour l’instant, la fronde à laquelle devra se confronter la ministre quand elle voudra légiférer par ordonnance comme le souhaite Emmanuel Macron.

 

Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité des femmes et des hommes, passe du blog au ministère

Le Président voulait faire de l’égalité femmes-hommes la "grande cause nationale de ce quinquennat". Contrairement à François Hollande, il n’a pourtant pas dédié un ministère au sujet mais un secrétariat d’État. À sa tête, Marlène Schiappa. Issue de la société civile, l’ancienne référente égalité d’En Marche a accédé à une notoriété en 2008 lorsqu’elle a lancé le blog Maman Travaille. Touche-à-tout, un temps chroniqueuse dans plusieurs journaux (Les Nouvelles NEWS, le Huffington Post), elle publie une quinzaine de livres dédiés à la culture du viol, à la conjugaison entre vie professionnelle et familiale. "L’égalité, c’est une question d’objectif, de volonté politique et de méthode. Ce ne peut être une incantation", expliquait-elle à Novethic avant sa nomination. La mesure phare qu’elle portera : le "name and shame", une pratique anglo-saxonne qui vise à nommer et dénoncer des entreprises peu vertueuses. Dans ce cas, l’idée serait d'évaluer les pratiques de sociétés en matière d'égalité et de dévoiler les résultats via un baromètre désignant les bons et les mauvais élèves.

 

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, apportera son regard de médecin

Emmanuel Macron voulait des professionnels, il n’a pas hésité. Agnès Buzyn, la présidente de la Haute Autorité de la Santé prend les rênes du ministère des Solidarités et de la Santé. Sa longue expérience en tant que praticienne, experte des maladies du sang mais aussi directrice d’institutions publiques a indéniablement pesé sur la balance. Petite accroche dans ce parcours, une phrase déclarée en janvier 2016 : "Je n’ai jamais crié avec les loups sur l’industrie pharmaceutique. Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec cette industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts". Un point de vue assez critiqué, qui fait craindre à certains une réticence à lutter contre les conflits d’intérêts.

 

Jacques Mézart, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, pour mener l'autre transition

C’est l'un des ministres les moins connus du nouveau gouvernement. Jacques Mézard, sénateur radical de gauche a été nommé ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Ancien avocat, il préside depuis 2001 le groupe Rassemblement démocratique et social européen. Vice-président de la commission sénatoriale aux collectivités territoriales, il connait bien les sujets liés à l’agriculture mais rien ne laisse présager ses opinions personnelles. Il sera chargé de mener à bien le programme agricole d’Emmanuel Macron. Le Président prévoit un grand plan d’investissement d’avenir agricole de 5 milliards d’euros sur 5 ans pour moderniser les exploitations. Il souhaite par ailleurs redonner un pouvoir de négociation aux producteurs face aux industriels en développant des associations d’organisation de producteurs. 

 

Marina Fabre @fabre_marina


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