Publié le 10 mars 2017

EMPREINTE TERRE

États-Unis : le chef de l’Agence de l’environnement nie l’impact du CO2 sur le réchauffement climatique

Les émissions de CO2 ? Pas un "facteur important du réchauffement climatique". L’Accord de Paris ? "Mauvais". Telles sont les positions de Scott Pruitt, chef de l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement, exprimées hier dans une interview à la CNBC. Un déni dénoncé par la classe politique et scientifique américaine.

Scott Pruitt, le nouveau patron climato-sceptique de l'agence américaine de protection de l'environnement.
Zach Gibson/ AFP

Scott Pruitt assume.

Le désormais chef de l’EPA, l’agence américaine de protection de l’environnement, avait jusqu’ici fait profil bas. Connu pour ses positions climatosceptiques, il était resté flou sur ses réelles intentions lors de ses auditions devant le Sénat américain.

Mais sa confirmation, le 20 février dernier, à la tête de l’EPA, a visiblement libéré sa parole. Interviewé hier par la chaîne américaine CNBC, Scott Pruitt a estimé que les émissions de dioxyde carbones (CO2) n’étaient pas une des causes déterminantes du réchauffement climatique.

"Je pense que mesurer avec précision l’impact de l’activité humaine sur le climat est quelque chose de très difficile et il existe un immense désaccord sur le degré de cet impact. Donc non, je ne serais pas d’accord pour dire qu’il s’agit d’un contributeur important au réchauffement climatique", a-t-il déclaré.

 

"Négation d’un siècle de science"

 

Celui qui s’est toujours battu contre les règlementations de l’EPA,  en traînant à 14 reprises l’agence environnementale devant la justice pour bloquer diverses régulations sur la pollution de l’air et de l’eau, estime aujourd’hui qu’une "étude plus approfondie" sur l’impact des émissions de CO2 est "nécessaire".

"Le monde de la science s’appuie sur des preuves empiriques et non sur des croyances", a commenté l’ancienne cheffe de l’EPA, Gina McCarthy. "En ce qui concerne le changement climatique, les preuves sont solides et nettement évidentes. Le coût de l’inaction est inacceptable".

Dans une déclaration publiée sur son site, Brian Schatz, co-président du groupe de travail sur l’action climatique au Sénat, a estimé que "s’il y avait encore un doute sur le climatoscepticisme de Scott Pruitt, la question est réglée. Quiconque nie plus d’un siècle de science et des faits de base n’est pas qualifié pour diriger l’EPA. Maintenant plus que jamais, le Sénat doit tenir tête à Scott Pruitt et ses dangereux points de vue".

 

Le "mauvais" Accord de Paris

 

La communauté scientifique s’est elle aussi indignée d’un tel déni. D’autant que Scott Pruitt ne s’est pas arrêté là.

Il a également  fustigé le "mauvais Accord de Paris". "Il aurait dû être géré comme un traité. Il aurait dû passer par une validation au Sénat. C’est inquiétant".

Sur cette question, le New York Times révélait il y a quelques jours que l’entourage de Donald Trump était divisé. Mais le président n’a pas réellement besoin de passer par la case "Clexit" (Climate Exit, sortie de l’Accord de Paris). Il peut se "contenter" de le vider de sa substance.

Marina Fabre
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