Publié le 05 septembre 2017

EMPREINTE TERRE

Sous la glace de l’Antarctique, une centaine de volcans menacent de se réveiller sous l’effet du réchauffement

La découverte de 91 volcans sous l’Antarctique, en plus des 47 déjà connus, est inquiétante. La fonte de la couche de glace en cours, sous l’effet du changement climatique, pourrait favoriser leur réveil. L’éruption d’un seul d’entre eux suffirait à déstabiliser toute la partie occidentale du continent. Et accélérerait la montée du niveau des océans.


Chaque jour nous révèle de nouveaux fléaux qui accompagnent le changement climatique. Après les tempêtes, les sécheresses, les guerres, les canicules, les maladies, voici venir un petit nouveau : le volcanisme. Sous l’Antarctique, une équipe de chercheurs de l’université d’Édimbourg a identifié une concentration insoupçonnée de volcans. En plus des 47 déjà connus, les géologues ont identifié 91 structures supplémentaires, situées dans la partie occidentale du continent glacé. Leur étude a été publiée dans la revue de la Geological Society en août.

Localisation des volcans découverts sous la glace en Antarctique

Les chercheurs soupçonnent que d’autres n'aient pas encore été détectés. Cela établirait dans cette région du monde la plus grande densité de volcans connus sur la planète, dépassant l’Afrique de l’Est en la matière. Certains s’élèvent à quelques centaines de mètres de haut, d’autres atteignent presque 4 000 mètres. Tous sont nichés sous une épaisse couche de glace de plusieurs kilomètres.

"La grande question est de savoir à quel point ces volcans sont actifs ? C’est quelque chose que nous devons déterminer aussi vite que possible", alerte Robert Bingham, un des auteurs, interrogé par The Guardian. Si un de ces volcans entrait en éruption, "cela pourrait déstabiliser les couches de glace de l'Antarctique occidentale", ajoute-t-il. Le continent est déjà largement malmené. L’épaisseur de la glace a presque diminué de 20 % ces 20 dernières années. Et il y a quelques semaines, le monde s’inquiétait de voir un iceberg de 5 800 km² se fracturer.

Un cercle vicieux

Or "les zones du monde où le volcanisme est le plus actif sont celles qui ont perdu récemment leur couche de glace après une ère glaciaire", rapporte Robert Bingham, qui donne en exemple l’Islande et l’Alaska. La pression de glace au-dessus du dôme volcanique empêche la remontée du magma. Plus la glace fond, plus un volcan est susceptible de se réveiller… et d’accélérer la fonte de la glace.

C’est donc un véritable cercle vicieux que redoutent les chercheurs. Et les conséquences d’une déstabilisation de cette masse de glace australe toucheraient la planète entière. Les chercheurs expliquent : "N’importe quoi qui entraînerait la fonte - comme une éruption - va très certainement accélérer le débit de glace fondue déversée dans les océans"… et donc la remontée du niveau des océans.

Ludovic Dupin @ludovicDupin


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