Publié le 06 novembre 2015

EMPREINTE TERRE

Pré-COP21 : dernière ligne droite avant le début officiel des négociations

A trois semaines du lancement de la COP21, une soixantaine de ministres se réunit à Paris à partir de dimanche pour une pré-COP, soit une dernière réunion informelle avant les négociations officielles. Objectif : obtenir un consensus sur des points politiques clés pour réduire les trop nombreuses options encore sur la table.

Ségolène Royal et Laurent Fabius ont inauguré ce vendredi au Quai d'Orsay, le lancement de la campagne de communication autour de la COP 21.
Christophe Bonnet / CITIZENSIDE

"Une répétition générale avant Paris". C’est ainsi que Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et futur président de la COP21, a qualifié la pré-COP qu’il organise dans la capitale à partir de ce dimanche jusqu’au mardi 10 novembre.  

Cette réunion informelle va rassembler une soixantaine de ministres représentatifs de l’ensemble des grands groupes formés par les 196 Parties présentes à la conférence climatique internationale de Paris. Les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne auront leurs représentants, tout comme le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Arabie saoudite mais aussi le Canada, les pays vulnérables comme le Bangladesh ou les petits Etats insulaires.  

 

Pas de nouveau texte d’accord  

 

A trois semaines de l’ouverture de la COP21, "l’objectif", a expliqué Laurent Fabius, "est de parvenir à un ambitieux compromis pour rester sous les 2°C voire 1,5°C" de réchauffement global d’ici 2100. Les ministres ne vont pas plancher sur le texte de l’accord, dont la dernière version a été livrée début octobre après une ultime session de travail à Bonn. Mais ils vont tenter de trouver le moyen de trancher les nombreuses options encore sur la table.  

De telles réunions informelles ont déjà été organisées à deux reprises cette année par le ministre des Affaires étrangères, début juillet et début septembre. Et elles n’ont pas été vaines, juge Laurent Fabius. "Si la dernière session de Bonn a été décevante, elle l’aurait été encore plus si nous n’avions pas organisé ces réunions. Le texte, certes encore trop long, est désormais stabilisé dans sa structure globale. Il comporte 26 articles portant chacun sur un thème précis et présentant différentes options. C’est sur ces options qu’il va falloir trancher".

Autant dire que la pré-COP, ultime réunion informelle avant le début des négociations officielles, constitue une étape majeure.  

 

Ambition, équité, actions pré-2020 et financements post-2020 à l’ordre du jour  

 

Au menu de la réunion des ministres, quatre thématiques fortes : l’ambition de l’accord, son équité, les actions concrètes d’ici 2020 et les financements après 2020.  

Sur l’ambition de l’accord, les ministres vont notamment débattre de la clause de révision tous les cinq ans pour revoir à la hausse les contributions climatiques de chacun des pays ainsi que de la mise en place d’un objectif à 2050. Après la déclaration franco-chinoise qui reprend ces deux mesures, le futur président de la COP21 espère emmener d’autres pays sur cette voie.  

Quant à l’équité, si le principe de la différenciation est accepté par tous, il leur reste encore à s’accorder sur sa mise en œuvre. Sur les actions concrètes pré-2020, les Etats doivent entériner un agenda pour l’action et institutionnaliser les engagements des acteurs non-étatiques.  

Enfin, sur la question, cruciale, des financements après 2020, Laurent Fabius évoquent plusieurs axes de travail : une hausse des engagements, une contribution des pays émergents, un renforcement de la part consacrée à l’adaptation et une meilleure transparence sur la prévisibilité de ces fonds.  

 

Un agenda intense jusqu’à la COP  

 

En ouverture de ce long week-end de pré-COP, neuf groupes de la société civile internationale qui ont le statut d’observateurs à l’ONU (entreprises, ONG, syndicats, jeunes, etc.) vont être reçus avant une visite, dimanche après-midi, du chantier du Bourget où se tiendra la COP21. Lundi soir, une réunion avec les chefs d’Etats et de gouvernements africains, un continent particulièrement vulnérable au changement climatique, est prévue (voir notre entretien avec le porte-parole du groupe Afrique à la COP21). "Il est important de consacrer un temps à leurs attentes", précise Laurent Fabius. Mardi, un bilan sera réalisé en séance plénière et un document de travail envoyé à l’ensemble des 196 parties.   

Une réunion sur le climat est également organisée le 12 novembre en marge du Sommet de l’Union européenne et de l’Union africaine sur les migrations à La Valette, à Malte avec, là encore, des chefs d’Etats africains.  

Avant la COP21, plusieurs autres rendez-vous internationaux pourraient permettre d’avancer sur les sujets qui fâchent : le sommet du G20 à Antalya, en Turquie, les 15 et 16 novembre et le sommet France-Océanie les 25 et 26 novembre prochains. Les ministres quant à eux se retrouveront à partir de la deuxième semaine de négociations au Bourget, pour poursuivre le travail des négociateurs.

Concepcion Alvarez
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