Publié le 10 octobre 2017

EMPREINTE TERRE

Google, Facebook et Tesla viennent en aide à Porto Rico pour pallier la lenteur de réaction de Donald Trump

Suite au passage de l’ouragan Maria le 20 septembre, les infrastructures d’eau, d’électricité et de communication de Porto Rico sont dévastées pour les mois à venir. Washington tarde à réagir. Plusieurs industriels de la Silicon Valley, en particulier Tesla et Google, sont déjà sur le terrain. Mais l’État, en faillite, n’a pas les moyens de financer son adaptation au changement climatique.

Google va déployer des ballons au-dessus de Porto Rico pour rétablir les communications cellulaires.
Google

Trois semaines après le passage de l’Ouragan Maria, l’Île de Porto Rico, État américain "non incorporé", ne parvient pas à se relever. Seulement 7 % des 3,4 millions d’habitants ont accès l’électricité, 50 % ont accès à l’eau potable et moins de 40 % des moyens de communication ont été rétablis. Malgré la présence de plus de 14 000 agents fédéraux, les autorités jugent qu’il faudra au minimum 6 mois pour retrouver ces services essentiels.

"Nous sommes en train de mourir", lançait le 30 septembre Carmen Yulin, maire de San Juan, la capitale de Porto Rico. Un appel désespéré alors que l’administration américaine et les médias mondiaux semblaient se désintéresser complètement du sort de l’île. Pire, le Président Trump jugeait dans une série de tweets au lendemain de l’événement climatique que, déjà bien avant, l’île "souffrait déjà d’infrastructures détruites et d’une dette massive".

 

C’est du côté de la Silicon Valley que la réaction a été la plus prompte. Et pour cause, "certains voient à Porto Rico la possibilité de repartir d’une page vierge pour bâtir des infrastructures plus résilientes", explique un analyste français. Ainsi Elon Musk, fondateur de Tesla et Space X, a été interpellé sur Twitter afin de créer un réseau électrique plus intelligent et plus solide reposant sur les énergies renouvelables et des systèmes de stockages sur batteries.

Un smartgrid pour Porto Rico

"Les équipes de Tesla l’ont fait pour de nombreuses petites îles à travers le monde. Il n’y a pas de limite d’échelle, cela pourrait être fait aussi pour Porto Rico. Cela dépend seulement de la décision du gouvernement de Porto Rico, de celle des investisseurs et de la population", a répondu le PDG. Immédiatement, le gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rossello, a saisi la balle au bond : "Parlons-en. Voulez-vous montrer au monde la puissance de vos technologies Tesla ? Porto Rico pourrait être ce projet phare", a-t-il adressé à Elon Musk. Un défi que ce dernier s'engage à relever !

 



Pour ce qui est des problèmes de communications, c’est Google qui est monté au créneau. Le régulateur américain des télécoms (FCC) a autorisé Alphabet, la maison mère de Google, à déployer son projet Loon. Il s’agit de ballons gonflés à l’hélium qui rétablissent les réseaux de communications cellulaires, le temps que les pylônes fixes soient remis en état. "Des millions de Portoricains sont encore privés d’accès aux réseaux de communication (…) C’est pour cette raison que nous devons adopter des approches innovantes (et) j’exhorte les opérateurs mobiles à coopérer avec Loon", explique Ajit Pai, président de la FCC. Dans le même temps, Facebook a dépêché dès le lendemain de la tempête des équipes techniques pour rétablir les connexions Internet sur l’île.

Les moyens financiers en question

Ces grands projets, et en particulier le recours aux technologies de Tesla, restent dépendants des capacités financières de l’Île. Or Porto Rico, qui doit déjà prendre en charge des dizaines de milliers de sans-abris, est en faillite et n'a clairement pas les dollars disponibles pour s'adapter au changement climatique. L’État est englué dans une crise depuis une décennie. Il affiche 74 milliards de dollars de dettes, un taux de chômage massif, une pauvreté élevée et souffre en conséquence d’une émigration massive.

Il a fallu attendre le 3 octobre pour le résident de la maison Blanche vienne sur l’île. À l’occasion d’un déplacement au mieux maladroit, ponctué de lancers de rouleaux d’essuie-tout aux sinistrés et de déclarations hasardeuses sur le "faible" nombre de morts, Donald Trump a tout de même apporté quelques espoirs. Il a évoqué l’idée d’effacer une partie de la dette : "Nous allons faire quelque chose. Nous allons faire en sorte de remettre [Porto Rico] sur pieds (…) Nous devons regarder la structure de la dette dans son ensemble".

Une déclaration qui n’a toutefois pas encore été confirmée par l’administration et qui fait grincer des dents du côté de Wall Street. Donald Trump a également annoncé qu’il demanderait au congrès de débloquer une aide 29 milliards de dollars.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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