Publié le 15 janvier 2016

EMPREINTE TERRE

Obama et l'environnement : ce qu'il a accompli, ce qu'il lui reste à faire

Dans son discours sur l'état de l'Union, le dernier de sa présidence, le président américain a vanté son bilan. Plan de réduction des émissions de CO2, signature de l'accord de Paris, abandon du projet de pipeline Keystone XL... les associations écologistes américaines lui reconnaissent un volontarisme sans précédent. Mais elles entendent maintenir une pression maximale jusqu'à son départ de la Maison-Blanche.

Barack Obama lors de son dernier discours de l'état de l'Union le 12 janvier 2015
Evan Vucci / pool afp

"Dans les champs, de l'Iowa au Texas, l’éolien est maintenant moins cher que les énergies fossiles polluantes. Sur les toits, de l'Arizona à New York, le solaire permet à de nombreux Américains d’économiser des dizaines de millions de dollars chaque année et ce secteur emploie plus de salariés que celui du charbon, avec de meilleurs salaires".

Dans son discours sur l’état de l'Union, le traditionnel rendez-vous politique de début d’année aux Etats-Unis, Barack Obama a pris le temps de détailler les résultats de sa politique environnementale. Et pour cause : à quelques mois de son départ de la Maison-Blanche, le président américain espère bien laisser une trace dans l'Histoire dans ce domaine en particulier.

L'occasion d'un premier bilan de sept années à la tête des Etats-Unis.

 

La production de solaire multipliée par dix

 

Même s'il reste beaucoup à faire, "avec toutes ses actions, Barack Obama a lancé les Etats-Unis sur la voie de la transition énergétique", résume Elliot Diringer, un des responsables du Center for Climate and Energy Solutions, groupe indépendant qui promeut les énergies propres. Depuis l’arrivée d'Obama, la production de solaire a été multipliée par dix et celle de l'éolien par trois, selon les chiffres officiels. Après plusieurs années de controverse, le président américain a aussi choisi d’écarter le projet de pipeline géant Keystone XL, qui devait acheminer du pétrole depuis le Canada jusqu'au Golfe du Mexique.

D'autres mesures ambitieuses devraient porter leurs fruits d'ici quelques années. C'est le cas du Clean power plan, annoncé l’été dernier. Il vise une baisse de 32% d'ici 2030 des émissions des centrales électriques.

Les normes anti-pollution pour les véhicules particuliers et commerciaux ont aussi été considérablement durcies, avec un gain espéré à terme de 500 millions de barils de pétrole, l’équivalent des deux tiers de la consommation annuelle en France.

 

Une alliance stratégique avec les entreprises

 

Autre axe important de la politique environnementale version Obama : l'alliance avec le secteur privé. "Ces partenariats avec des acteurs-clés du monde de l'entreprise sont très importants. Non seulement parce que cela a débloqué des investissements considérables mais aussi parce que ça a changé le regard du secteur privé sur l’environnement, en mettant en avant les opportunités de croissance", insiste Sam Adams, un des directeurs du think-tank World Resources Institute (WRI).

Au niveau international, Barack Obama a aussi réussi à faire bouger les lignes, notamment en signant des accords bilatéraux avec la Chine puis l'Inde et en présentant une contribution nationale ambitieuse dans le cadre des négociations onusiennes.

Sans céder au triomphalisme affiché par la Maison-Blanche juste après la COP21, Elliot Diringer, du Center for Climate and Energy Solutions, salue aussi un "effort diplomatique majeur pour permettre la signature au final de l'accord de Paris".

 

Pression maximale jusqu'à la fin du mandat

 

Mais les promesses environnementales de Barack Obama n'ont pas toutes été tenues, souvent bloquées par une opposition républicaine très hostile au Congrès. En 2010, déjà dans un discours sur l’état de l'Union, il appelait de ses vœux le vote d'une grande loi sur le climat. En vain. En 2011, il réclamait la fin des subventions aux énergies fossiles, là encore sans succès.

Autres points noirs : la fracturation hydraulique n'a pas été interdite et une porte a été ouverte pour l'exploitation du pétrole offshore au large de la côte Est. Barack Obama a jusqu’au 8 novembre prochain, date de l’élection présidentielle, pour boucler un maximum de dossiers. D'où la pression intense exercée en ce "moment charnière" par certaines associations, comme l'Alliance pour plus de justice environnementale, qui organise une journée d'action nationale le 19 janvier.

Parmi les urgences, David Goldston, directeur de l'ONG Natural Resources Defense Council, liste en particulier l'interdiction de toute exploitation du pétrole offshore dans l'Arctique et dans l'Atlantique et une législation sur les émissions de méthane. Car les organisations écologistes aux Etats-Unis n'ont aucune certitude sur le nom du futur locataire de la Maison-Blanche. Ni sur ses intentions en matière d'environnement.

Fannie Rascle, correspondante à Washington
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