Publié le 05 décembre 2015

EMPREINTE TERRE

Les villes au secours du climat

Réunis à Paris le vendredi 4 décembre, un millier de maires ont affirmé l’ambition d’une transition vers 100 % d’énergies renouvelables dans les villes d’ici à 2050. Les  édiles ont également soutenu l'objectif de réduire de 3,7 gigatonnes les émissions annuelles de gaz à effet de serre dans les zones urbaines d’ici à 2030.

Un millier de maires s'engagent pour 100 % d’énergies renouvelables dans les villes d’ici à 2050.
Stéphane de Sakutin / AFP

Les représentants de près d'un millier de villes du monde entier étaient réunis vendredi 4 décembre à Paris pour le Sommet des élus locaux pour le climat. Organisé à l’initiative d’Anne Hidalgo, la maire de Paris, et de Michaël Bloomberg, envoyé spécial des Nations unies pour les villes et le climat et ancien maire de New York, cette rencontre a regroupé pour la première fois 14 réseaux de villes, dont les principaux réseaux européens et mondiaux tel que le Conseil international pour les initiatives environnementales locales (ICLEI).

A l'issue de la journée, les élus ont soutenu l'ambition de 100 % d’énergies renouvelables dans les villes d’ici à 2050. Ils ont également adopté l'objectif de réduire de 3,7 gigatonnes les émissions annuelles de gaz à effet de serre dans les zones urbaines d’ici à 2030. "3,7 gigatonnes, c'est cinq années de trafic aérien mondial ou un an d'émissions de l'UE" a illustré Anne Hidalgo.

 

Combler les engagements trop faibles des États

 

Avec cet objectif, les villes entendent contribuer à combler l'écart entre les contributions volontaires des États et la diminution d’émissions nécessaire pour ne pas dépasser un réchauffement de la planète de 2 °C. "Les villes sont au cœur du changement climatique, mais aussi au cœur des solutions », a déclaré Michael Bloomberg. La responsabilité des villes dans le changement climatique est en effet incontournable : la moitié de la population mondiale est urbaine et les trois quarts des gaz à effet de serre sont émis en zone urbaine.

L'engagement des villes pour le climat n'est d'ailleurs pas nouveau. Rien qu'en Europe, les réseaux  Energie-Cités et Alliance climat sont nés au moment du premier rapport du Giec en 1990. Stockholm a diminué d'un quart ses émissions en 15 ans. Les réseaux de ville, souvent mobilisés autour de projets de villes durables, revendiquent leur capacité à porter des solutions. Des villes pilotes ont déjà montré l’exemple, comme Stockholm qui a diminué de 26 % ses émissions en 15 ans et prévoit de sortir des énergies fossiles en 2050.

Comment les villes vont-elles s'y prendre ? Michael Bloomberg a remis un rapport du réseau de villes C40, qui regroupe les grandes métropoles à travers le monde. Le document liste les politiques urbaines ad hoc à mettre en œuvre en matière de logement, de transport, de gestion des ressources, de sobriété énergétique...

Mais les élus doivent encore concrétiser leurs engagements. Le 4 décembre, plusieurs maires de pays émergents ont rappelé l'importance d'une réglementation économique adaptée aux enjeux climatiques.  "Un taxi diesel coûte quatre fois moins cher qu'un taxi électrique", a souligné le maire de Mexico, Miguel Angel Mancera.

Magali Reinert
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