Publié le 08 septembre 2017

EMPREINTE TERRE

Tempête Irma : Saint-Martin et Saint-Barthélemy, privées d’eau, mettent en lumière le manque de résilience face au changement climatique

Elles payent de plein fouet le réchauffement climatique. Aux Antilles, les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy sont privées d'eau depuis le passage du cyclone Irma. La priorité est donc de les réapprovisionner. À long terme, il faudra surtout "reconstruire différemment, en s'adaptant, en développant des sociétés plus résilientes", estime la professeure d'urbanisme Isabelle Thomas, interrogée par Le Monde. 

La ministre Annick Girardin s'est rendue sur l'île de Saint-Martin pour évaluer les dégâts après le passage du cyclone Irma
Ministère

C’est un paysage apocalyptique que laisse sur son passage le cyclone Irma. Les îles antillaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont presque entièrement dévastées et totalement privées d’eau et d’électricité. La production en eau potable est conditionnée au bon fonctionnement de trois usines de dessalement d’eau de mer, ces deux îles ne disposant pas de ressources naturelles en eau douce.

L’usine de Saint-Martin assure, en moyenne, une production de 5 000 mètres cubes d’eau par jour. Les deux unités de Saint-Barthélemy en produisent 2 000 mètres cubes. Or, "situées au niveau de la mer, ces usines ont été particulièrement touchées par le passage du cyclone. Tous les automates et commandes électriques sont noyés", expliquait Veolia le 7 septembre. Le lendemain de la catastrophe "la plus extrême ayant sévi sur l’océan Atlantique", selon Météo France. "Les dégâts sont considérables et en cours d’évaluation. Il faudra sans doute plusieurs mois avant le redémarrage des activités et un retour à la normale", prévoit Veolia.

"Reconstruire différemment" pour que les "villes redeviennent des éponges"

Ce jeudi 8 septembre, la distribution de l’eau potable était encore totalement interrompue à Saint-Barthélemy car, sans électricité, les usines de dessalement ne peuvent pas fonctionner. "Nous avons de l’eau à proximité en Guadeloupe et en Martinique et nous avons des équipes qui sont mobilisées", a expliqué à France Info Christophe Piednoël, porte-parole de groupe Saur, entreprise qui assure la distribution de l’eau sur l’île. "Nous avions prévu ce cyclone et nous avions déjà commencé à garder du matériel en prévision d’une situation de crise", précise-t-il.

Mais comment se préparer à la prochaine catastrophe ? Les phénomènes climatiques extrêmes devraient s’intensifier et se multiplier avec le réchauffement climatique. Or, comme le rappelle au Monde, Isabelle Thomas, professeure d’urbanisme à l’université de Montréal, les Caraïbes se trouvent sur le tracé des ouragans. Il faut "reconstruire différemment, en s’adaptant, en développant des sociétés plus résilientes", conseille-t-elle. Concrètement, il s’agit pour les villes de "redevenir des éponges". "L’une des mesures passe par le développement d’infrastructures vertes pour capter l’eau à la source, afin d’éviter qu’elle ne ruisselle et s’accumule". 

Marina Fabre @fabre_marina


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