Publié le 10 septembre 2017

EMPREINTE TERRE

[LE CHIFFRE] Le coût des catastrophes naturelles multiplié par cinq depuis 2001

Elles ne cessent de faire la Une des journaux en cette rentrée, les catastrophes naturelles se multiplient d’un point à l’autre du globe. Un avertissement de ce qui nous attend si nous ne prenons pas de sérieuses mesures pour lutter contre le réchauffement climatique, alerte à l’unisson la presse mondiale. Signe que ces catastrophes sont toujours plus importantes, leur coût a été multiplié par cinq en seulement quinze ans.

L'Inde fait également partie des régions du monde les plus touchées par les catastrophes naturelles. Cet été, la mousson a provoqué d'importantes inondations à Mumbaï notamment.
Punit Paranjpe / AFP

Alors que l’ouragan Irma se dirige sur la Floride, après avoir ravagé une partie des Antilles, les spécialistes tablent déjà sur la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire américaine. Selon Barclays, les pertes pourraient s’élever à 130 milliards de dollars contre 118 milliards pour Katrina, qui détient à ce jour le record.

Les catastrophes naturelles se sont non seulement multipliées - leur nombre a quadruplé depuis 1970 selon les Nations unies -, mais leur coût n’a cessé de grimper. Selon la base de données CatNat, il a été multiplié par cinq en seulement quinze ans. Il a atteint 181 milliards de dollars l’année dernière pour quelques 1 000 désastres naturels enregistrés à travers la planète.

Les États-Unis sont particulièrement touchés avec Katrina en 2005, Sandy en 2013 (70 milliards de dollars), Andrew en 1992 (47,8 milliards de dollars)... La tempête Harvey de fin août affiche un coût évalué entre 70 et 108 milliards de dollars.

Dans le cas de la France, la Fédération des Assurances (FFA) estime que si rien n'est fait, le coût des sinistres atteindra 92 milliards d’euros d'ici à 2040, en hausse de 90 % par rapport au coût des dégâts cumulés ces vingt-cinq dernières années sur le territoire.

Les entreprises doivent mettre la main à la poche

Ce n’est donc pas pour rien que l’influent forum de Davos a classé cette année les risques météorologiques et les catastrophes naturelles en tête des risques, devant la crise migratoire ou encore les attaques terroristes. Mais qui va payer la facture ? Pour l’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS), c’est aux entreprises responsables du changement climatique de prendre en charge une partie des coûts gigantesques liés aux impacts du changement climatique et aux investissements nécessaires pour l’adaptation au réchauffement.

Elle a publié cette semaine une étude qui montre que 90 entreprises sont responsables de près de 50 % de la hausse des températures et d’environ 30 % de l’élévation du niveau des mers, depuis l’ère préindustrielle. "Il y a encore une ou deux décennies, aucune entreprise ne pouvait être tenue responsable des émissions associées à ses produits, car on n'en savait pas assez sur leurs impacts. Cette étude fournit un cadre pour relier les émissions associées aux produits des entreprises d’énergies fossiles à toute une série d’impacts, comme l'acidification des océans, les décès provoqués par les vagues de chaleur, les feux de forêt et d’autres événements extrêmes liés à la météo", explique Myles Allen, professeur à l’université d’Oxford et co-auteur de l’étude.

Ainsi, les principaux responsables de la hausse des températures sont Saudi Aramco et Gazprom, suivis par ExxonMobil, National Iranian Oil Company, BP, Chevron, Pemex et Shell pour les émissions concernant la période 1980-2010. Le français Total arrive en 16e position.

"Nous vivons dans un monde qui ne prend plus en compte les preuves, où les faits ne sont plus pertinents", s’alarme Sir Robert Watson, directeur du Centre Tyndall de Recherche sur le Climat. "Combien de preuves faudra-t-il encore au monde pour reconnaître les dangers auxquels font face nos sociétés ?”

Concepcion Alvarez @conce1


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