Publié le 13 octobre 2017

EMPREINTE TERRE

Le manque d'eau, un risque déjà matérialisé pour les entreprises indiennes

Le changement climatique représente une menace croissante pour les entreprises. En Inde, une étude révèle que la plupart des secteurs ressentent d’ores et déjà les effets des sécheresses récentes, avec une augmentation du prix des matières premières et une réduction de la disponibilité en eau. Les patrons indiens appellent le gouvernement à prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.


Alors que le pays a été frappé par des pluies d’une rare violence cet été, les nappes phréatiques de l’Inde ne sont pleines qu’à 55 % de leur capacité, contre un taux de 84 % en moyenne sur la même période ces dix dernières années. Les épisodes de mousson désormais moins fréquents et plus intenses alternent avec de longues périodes de sécheresse. L'année dernière, celle qui a touché l'État de Tamil Nadu, au Sud, a été la pire en 140 ans. Et ses effets sont déjà visibles sur l’économie.  

Une centrale à charbon au Bengale occidental a dû diminuer la majeure partie de sa capacité de production pendant 10 jours car elle n'avait plus assez d'eau pour assurer son refroidissement. Une première en trente ans d'existence. La production de thé a, quant à elle, chuté de 12 % dans le sud de l'Inde.  

La demande en eau va croître de 50% d’ici 2030  

Ces constations sont tirés d'étude publiée en marge de la troisième édition du Business and Climate Summit, qui s’est tenu à New Delhi. Elle a été menée auprès d’une dizaine de dirigeants d’entreprises indiennes (pesant plus de 10,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires). Elle montre que la raréfaction des ressources en eau touche la majorité des secteurs, et que les décideurs associent les sécheresses croissantes au changement climatique et s’inquiètent de ses effets futurs sur leurs opérations et leurs clients. 

"Nous ne savons pas si nous allons pouvoir continuer à produire du ciment et cela va affecter notre chiffre d’affaires. Pour lutter contre la pénurie d’eau, nous essayons de récupérer l’eau de pluie et de réduire notre consommation", explique Mahendra Singhi, PDG du groupe, Dalmia Cement. Pour l’entreprise agroalimentaire Kellogg, les sécheresses se sont concrètement traduites par une hausse du prix du maïs. La société a également augmenté sa capacité de stockage en eau pour faire face au manque d’approvisionnement.  

Une partie de Bombay submergée

Le Water Resources Group, une organisation internationale, prévoit que l'Inde fera face à une crise de l'eau avec une demande qui devrait augmenter de plus de 50 % d'ici 2030. Par ailleurs, le changement climatique et la montée du niveau de la mer pourrait bien submerger entre 25 et 190 kilomètres carrés de la surface de Bombay, soit 40 % de la capitale financière indienne.

La dizaine de dirigeants interrogés appelle le gouvernement à prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et lutter efficacement contre le changement climatique. Selon des données du CDP, diffusées début septembre, les pertes de production liées à l’eau ont atteint 14 milliards de dollars pour les 1 432 entreprises qui publient leurs données auprès de l'organisation. 43 % des entreprises et 63 % des villes prévoient que le changement climatique représentera un risque pour leur approvisionnement en eau et leurs activités.  

Concepcion Alvarez @conce1

https://twitter.com/conce1


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