Publié le 07 novembre 2016

EMPREINTE TERRE

COP22 : le "cauchemar Trump" plane sur le début des négociations

Quelque 20 000 négociateurs et participants se retrouvent ce lundi 7 novembre à Marrakech pour deux semaines de négociations sur le climat. Il s’agit de s’accorder sur un mode d’emploi quant à la mise en application de l’Accord de Paris, adopté en décembre dernier et entré en vigueur vendredi 4 novembre. Une belle dynamique qui risque d’être très sérieusement menacée si le climato-sceptique Donald Trump devait remporter les élections américaines mardi prochain.

L'ombre de Donald Trump, candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, plane sur le début des négociations de la COP22, qui se déroule à Marrakech du 7 au 18 novembre.
Jewel Samad / AFP

L’ombre du candidat républicain à la présidentielle américaine pèse sur la COP22. La perspective de voir ce climato-sceptique notoire accéder à la Maison Blanche effraie même franchement les négociateurs présents à Marrakech. 

Donald Trump ne s’embarrasse pas de détail quand il évoque la question climatique. Le réchauffement climatique ? Un "canular" inventé par la Chine pour déstabiliser l’économie américaine. S’il devait être élu mardi, il promet de revenir sur l’Accord de Paris. Une promesse qu’il pourra difficilement tenir devant ses électeurs : l’Accord de Paris étant officiellement entré en vigueur, Donald Trump ne pourra pas "l'annuler" comme il le proclame. 

Lors de son discours d’ouverture, la nouvelle Secrétaire exécutive des Nations Unies sur les changements climatiques, la diplomate mexicaine Patricia Espinosa, a tenté de calmer les inquiétudes en rappelant le cadre légal du traité de Paris : il proscrit toute sortie de l’accord sur une période de trois ans, à quoi il faut ajouter une année de préavis. "Ce qui signifie quatre années de stabilité".

 

Pékin lâche ses coups 

 

Cependant, s’il devient le nouveau président des États-Unis, le candidat républicain pourra fort bien piétiner les objectifs climatiques fixés par l’administration Obama. Et menacer sérieusement la dynamique enclenchée depuis Paris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre sous la barre des +2°C.

Ce danger est jugé si réel par Pékin que la Chine a ouvertement critiqué les intentions de Donald Trump. Deux fois en une semaine, un fait exceptionnel en matière de diplomatie climatique. 

De fait, si l’Accord de Paris a pu entrer en vigueur si rapidement, c’est à la suite de la ratification du traité par la Chine et les États-Unis. La signature du traité par les deux plus gros pollueurs de la planète a été un accélérateur dans la lutte contre le réchauffement climatique : la Chine pèse en effet presque un quart des émissions mondiales (20,09%) devant les États-Unis (17,9%). 

 

Les yeux rivés sur Washington 

 

Cet axe sino-américain reflète une nouvelle ère de coopération entre Pékin et Washington en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une coopération aux antipodes de l’antagonisme qui a prévalu entre les deux géants économiques de la planète, accusés en leur temps de prendre le climat en otage

Pour Elliot Diringer, Vice-président du Center for Climate and Energy Solutions, un think tank américain centré sur la lutte contre le réchauffement climatique, les États-Unis ont fait preuve, avec le président Barack Obama, de leadership sur la scène climatique mondiale. Une attitude décisive pour l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris. Et qui sera essentiel pour la COP22. "Beaucoup, à Marrakech, ont les yeux rivés sur les élections américaines."

Claire Stam
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