Publié le 30 novembre 2015

EMPREINTE TERRE

COP21 : La Chine, l’Inde et les pays en développement réclament une véritable "justice climatique"

Dans son discours inaugurant la 21ème Conférence onusienne du climat, le président de la République, François Hollande, appelle à un accord ambitieux placé sous le signe de la justice climatique. Un appel entendu. La Chine, l’Inde, les pays émergents et en développement s’unissent pour rappeler la responsabilité historique des pays développés dans le réchauffement climatique. Pour ces pays, la question du financement de l’adaptation et de la transition énergétique est incontournable. Son règlement est la condition sine qua non d’un accord.

François Hollande a appelé dans son discours d'ouverture de la COP21 à davantage de "justice climatique". Un message tout de suite repris par la Chine et des pays du G77.
Mustafa Yalcin / Anadolu Agency AFP

Fran"Les pays développés doivent assumer leur responsabilité historique, les pays émergents accélérer leur transition énergétique et les pays en développement doivent être accompagnés dans leur adaptation aux impacts climatiques", a déclaré le président de la République dans son discours d’inauguration de la COP21.   

Une position que partagent Barack Obama, le président américain, et Angela Merkel, la chancelière allemande.   

 

Les 100 milliards, point clé de la négociation   

 

Ravi Prasad, chef de la délégation indienne à Paris, ne dit pas autre chose. Devant un parterre de journalistes réunis au Bourget, il estime qu’"aujourd’hui, François Hollande a rappelé qu’il s’agissait avant tout de justice climatique. Cela doit se traduire par un soutien financier de la part des pays développés envers les pays en développement car les personnes qui sont le plus affectées par l’impact du réchauffement climatique sont les personnes qui disposent des ressources les plus réduites".   

La mobilisation financière des pays du Nord en faveur des pays du Sud est donc une condition sine qua non pour que les délégués puissent aboutir à un accord le 11 décembre. Pour cela, il faudra enfin réunir les 100 milliards de dollars par an promis à Copenhague (à partir de 2020), mais aussi organiser les transferts technologiques, et abonder le Fonds vert pour le Climat, financer le Fonds d’adaptation et enfin celui à destination des pays les moins développés.   

Mais un point cristallise toutes les attentions, au Nord comme au Sud : celui du mécanisme des pertes et dommage.     

 

Le mécanisme des "pertes et dommage", point de crispation  

 

"Le G77 et la Chine parlent d’une même voix dès lors qu’il s’agit d’intégrer le mécanisme des pertes et dommages (article 5 dans le brouillon actuel de l'accord) comme il a été défini en 2013 à Varsovie", rappelle Juan P. Hoffmaister, responsable des questions financières au sein du G77 + la Chine. Et les représentants des délégations chinoise, indienne et des pays en développement s’attachent tous à souligner qu’un accord sans l’intégration de ce mécanisme n’est pas envisageable.   

Mais de quoi s’agit-il ? Cela peut en fait se comparer à une assurance financée par les pays développés en faveur des victimes du réchauffement climatique dans les pays en développement. La terminologie "pertes et dommage" utilisée dans l’accord est d'ailleurs directement empruntée au monde de l’assurance.   

"Quand des terres agricoles se trouvent sous les eaux, il n’y a plus rien à faire. Tout est perdu. Aucun effort d’adaptation ne pourra compenser la perte de la principale source de revenu des victimes", précise Juan P. Hoffmaister. "Il est nécessaire que les victimes disposent d’un mécanisme de compensation financière juste et efficace, c’est-à-dire qui arrive le plus rapidement possible et sans conditions".   

Ravi Prasad, chef de la délégation de l’Inde poursuit : "L’Inde a un grand littoral et beaucoup de petites îles. Le pays se trouve dans la même situation que les pays de l’Alliance des petits États insulaires (APEID). Nous nous attachons à ce que le mécanisme des pertes et dommage fasse effectivement partie intégrante de l’accord". 

Claire Stam
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