Publié le 07 mars 2017

EMPREINTE TERRE

Climat, énergie : semaine de tous les dangers aux États-Unis

Le nouveau président américain, qui a bataillé ferme pour faire valider son administration climato-sceptique, est désormais décidé à agir vite. Objectif : déréguler à tout-va. Les budgets des principales administrations en charge des régulations environnementales devraient, eux, être sérieusement amputés.

Le premier chantier lancé par Donald Trump est celui de la dérégulation tous azimuts. Il s'agit de revenir, pied à pied, sur l'ensemble des réglementations environnementales mises en place par l'administration Obama.
Erik S. Lesser / DPA / AFP

Le président Trump va… tenir les promesses du candidat Trump. Et sans perdre une minute.

Certes, le nouveau locataire de la Maison blanche a mis plus de temps que ses prédécesseurs à faire valider son cabinet, ouvertement climato-sceptique. Mais son administration est désormais en ordre de bataille. Rick Perry, toujours soupçonné de conflit d'intérêt avec les géants des énergies fossiles, est officiellement secrétaire à l'énergie depuis jeudi dernier. Et Scott Pruitt, à la tête de l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), qu'il combat depuis des années, est attendu ce jeudi à Houston pour un premier déplacement au CERAWeek, le rassemblement annuel des leaders du secteur de l’énergie.

Le premier chantier lancé par Donald Trump est celui de la dérégulation tous azimuts. Il s'agit de revenir, pied à pied, sur l'ensemble des réglementations environnementales mises en place par l'administration Obama. "Nous allons libérer notre pays. Et ce sera fait de façon 'environnementale', positivement 'environnementale', je vous le dis. Mais ça va créer des millions d'emplois", a encore promis il y a quelques jours l'actuel président américain. 

"Au lieu d'investir dans le futur, Trump creuse du côté du passé", réplique May Boeve, directrice de l'organisation 350.org.

 

Le Clean Power Act dans la ligne de mire

 

Dans le détail, Donald Trump va s'attaquer dès cette semaine au Clean Power Act, la pierre angulaire de la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre imaginée par Barack Obama et toujours bloquée par les recours en justice de certains États républicains.

Par décret présidentiel, il va également revenir sur le moratoire qui suspendait l'octroi de permis pour de nouvelles mines de charbon sur des terres fédérales.

Dans la foulée, Donald Trump va par ailleurs supprimer les règles qui limitaient les émissions de gaz à effet de serre des véhicules. Une réglementation que Barack Obama avait tenté de sanctuariser jusqu'en 2025, mais que son successeur va effacer sans même avoir besoin de passer par le Congrès. Les représentants de General Motors, Ford, Fiat Chrysler ou encore Volkswagen ont écrit à Donald Trump il y a quelques semaines pour réclamer précisément cette mesure.

 

Coupes budgétaires

 

Le second chantier pour Trump est financier. Parce qu'il a promis d'investir massivement dans l'armée, le nouveau président doit engager des coupes budgétaires franches dans d'autres secteurs. À commencer par celui de la protection de l'environnement.

Selon des documents de travail de la Maison blanche dévoilés par la presse, et qui doivent être présentés officiellement la semaine prochaine, l'EPA devrait voir son budget amputé de 24%. Ce qui le ramènerait au même niveau que lors de la présidence de Ronald Reagan. 

La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qui publie notamment les relevés de température, devrait aussi voir son budget réduit de 17%.

Ces coupes budgétaires doivent cependant être approuvées par le Congrès où la bataille s'annonce particulièrement ardue.

 

Quid de l'Accord de Paris ?

 

À relire le programme du candidat Trump, il n'y a finalement que sur l'Accord de Paris qu'il ne semble pas presser de tenir sa promesse : la sortie pure et simple des États-Unis du processus onusien. Le New York Times révélait il y a quelques jours que l'entourage de Donald Trump était divisé sur la question. Mais les plus cyniques font remarquer qu'en supprimant toutes les réglementations environnementales, le président n'a pas besoin de passer par la case "Clexit" (pour "Climate exit", la sortie de l'Accord de Paris). Il peut se contenter de vider de leur substance tous les engagements pris par Barack Obama, sans créer de remous diplomatiques ni risquer une quelconque sanction.

Fannie Rascle, correspondante à Whasington
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