Publié le 15 mai 2015

EMPREINTE TERRE

Climat : en Allemagne, les PME aussi ont leurs stratégies zéro carbone

Les grandes entreprises sont généralement considérées comme les acteurs industriels les plus aptes à lutter contre le réchauffement climatique, comparées aux PME qui disposent de ressources financières moindres. En Allemagne pourtant, les PME, qui constituent l’épine dorsale de l’économie du pays [1], prouvent le contraire. Comment ? Illustration et explications avec l’un des responsables de l’entreprise Memo AG, spécialisée dans la vente par correspondance de fournitures de bureau écologiques.

le siège de la société Memo, situé dans la campagne bavaroise.
Memo

Une belle entrée en matière : "Les principes du développement durable et de l’économie responsable sont au centre de la stratégie commerciale et industrielle de memo AG", explique Helmut Kraiß, membre du directoire de l’entreprise bavaroise Memo AG. "Cela signifie que nous ne nous concentrons pas sur certains aspects pris isolément. Au contraire, nous appliquons ces principes à tous les échelons de l’entreprise. C’est une approche globale".

Pour ce faire, cette PME (130 salariés et 20 millions d’euros de chiffres d’affaires en 2013) met en oeuvre deux stratégies : celle du long terme et celle des petits pas. Et visiblement, la méthode porte ses fruits.

 

60% d’émissions en moins depuis 1990

 

De fait, depuis sa création en 1990, Memo optimise chaque année sa stratégie de performance climatique avec le résultat suivant : la PME a émis 570 tonnes de CO2 en 2012. C’est 8% de moins que l’année précédente... et 60% de moins qu’il y a 35 ans. Et pour finaliser sa stratégie zéro carbone, Memo participe à des programmes de compensation carbone (gold standard de la WWF).   

La marche à suivre selon la PME bavaroise ? Elle se décompose en trois étapes : l’élaboration d’un bilan carbone et d’un diagnostic sur l’impact environnemental de ses activités, la définition de champs d’action, et enfin l’évaluation régulière de la performance environnementale et climatique de l’entreprise.

La démarche s’apparente à une véritable feuille de route économique pour l’entreprise car, poursuit Helmut Kraiß, "Il est essentiel pour la viabilité d’une entreprise comme la nôtre d’évaluer avec le plus grand soin possible la planification des investissements et la mise en place des mesures adoptées".

 

L’implication des salariés, clé de voute de la stratégie carbone

 

Chez Memo, une stratégie de réduction des émissions est systématiquement intégrée à tous les niveaux d’activités. Ainsi, l’entreprise ne vend que des fournitures recyclées et non polluantes. Les fournisseurs sont par ailleurs choisis en fonction d’un éloignement géographique restreint, et une politique de réduction des déchets et d’économie d’eau est mise en place.

Parce qu’elle dépend d’une matière première vitale pour son activité, Memo possède son propre site de fabrication de papier, qu’elle produit à partir de papier recyclé. Les bâtiments sont en outre éco-conçus, et l’alimentation électrique est intégralement issue des énergies renouvelables. Quant au chauffage, c'est une chaudière à bois qui le fournit.

Enfin, et c’est un point crucial pour l’entreprise, les salariés sont entièrement impliqués dans cette stratégie. Car in fine, ce sont eux qui mettent en place les mesures définies pour réduire les émissions, explique Helmut Kraiß. Preuve de l’importance qui leur est accordée : "Bien que notre chiffre d’affaires n’ait pas augmenté de manière significative ces dernières trois années, nous avons continué à recruter afin de renforcer nos mesures pro-climat au sein de l’entreprise".

Et comment Memo motive-t-elle ses salariés pour assurer la bonne gestion de la stratégie carbone ? La direction privilégie une gestion participative et décentralisée des salariés, qui sont également associés aux résultats de l’entreprise. Effet de ricochet, l’identification des salariés à la stratégie climatique de la PME s'avère particulièrement forte.

Résultat de cette stratégie zéro carbone : des coûts de production en baisse, des bénéfices en hausse, des salariés très motivés et une image très positive pour cette petite entreprise. Qui ne connaît décidément pas la crise.

 


[1] L’Allemagne compte 3,6 millions de PME/PMI qui emploient 70% des salariés du pays. Ce réseau d’entreprises spécialisées, qui produisent des biens et des services à forte valeur ajoutée, constitue une véritable force de frappe économique.

Claire Stam
© 2016 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles