Publié le 31 mars 2015

EMPREINTE TERRE

Climat : avant la COP 21, les États-Unis dévoilent une contribution ambitieuse

L'objectif affiché ce mardi 31 mars par la Maison-Blanche est de parvenir à une réduction de 28% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 pour les États-Unis. Il s'agit de la fourchette haute de l'engagement pris il y a quelques mois déjà par Washington dans l'accord bilatéral conclu avec la Chine. Une manière pour Barack Obama de prévenir ses adversaires républicains, désormais majoritaires au Congrès, qu'en dépit de l'opposition il n'a pas l'intention de revoir à la baisse ses ambitions.

Barack Obama prononçant un discours lors du sommet climatique de New-York, organisé en septembre 2014 par les Nations-Unies.
Thimothy A.Clary / AFP

L'administration Obama a attendu le tout dernier moment pour rendre publique sa copie. C'est un simple conseiller qui l'a dévoilée sur son blog. Les États-Unis ont ainsi présenté mardi 31 mars, à la date limite informelle fixée dans le calendrier des négociations, leur contribution à la lutte contre le changement climatique en vue de la conférence de Paris.

Mais même sans tambours ni trompettes, cette proposition américaine ne manque pas d'ambition : elle a des allures de pied-de-nez adressé par Barack Obama à ses adversaires républicains : peu importe leur opposition au Congrès, les États-Unis sont bien décidés à montrer l'exemple en matière de lutte contre le changement climatique.

 

Objectif : - 28 % de gaz à effet de serre d'ici 10 ans

 

L'objectif principal des États-Unis est de tout faire pour parvenir à une réduction de 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre. Barack Obama vise donc la fourchette haute de l'engagement qu'il avait pris en novembre dernier à Pékin.

Aux côtés de son homologue chinois, le président américain avait alors annoncé une baisse des émissions de gaz à effet de serre entre 26 et 28% d'ici à 2025 par rapport aux émissions de 2005, qui correspond à l'année la plus émettrice pour les Etats-Unis.

 

Obama veut s'attaquer aux centrales à charbon

 

Pour atteindre ses objectifs généraux, la Maison-Blanche liste une série de mesures sans surprise, la plupart étant déjà mises en oeuvre.

À commencer par les normes imposées depuis trois ans aux constructeurs automobiles pour réduire la consommation de carburant des voitures et camions, ou encore une meilleure prise en compte de l'efficacité énergétique des bâtiments au moment de leur construction.

Mais les États-Unis proposent aussi de faire des efforts supplémentaires. Ils citent notamment la limitation des émissions de méthane et d'hydrofluorocarbures (HFC), deux puissants gaz à effet de serre. Le texte rendu mardi relance surtout l'idée d'une réduction drastique de la pollution liée aux centrales à charbon ( -30% d'ici 2030), qui représentent la première source d'émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis.

Reste que ce projet, baptisé "Clean Power Plan", est explosif. Les républicains, désormais majoritaires au Congrès, n'hésitent pas à le qualifier de " tueur d'emplois " et de " guerre ouverte contre l'industrie du charbon ".

 

Les États-Unis veulent donner l'exemple

 

Avec cette contribution, l'administration entend faire plus que peser dans les négociations, elle veut montrer l'exemple aux autres parties.

"Nous nous engageons à agir contre le changement climatique et le monde est en train de nous emboîter le pas " : voilà comment Brian Deese, conseiller de Barack Obama, a intitulé le post de blog qui liste les engagements américains .

Un rôle de  "premier de la classe" salué par l'une des plus puissantes organisations écologistes aux États-Unis, le Natural Resources Defense Council : "Cet important engagement (américain) envoie un message très fort au reste du monde : ensemble, nous pouvons combattre le changement climatique ".

 

La bataille avec les républicains s'annonce acharnée

 

Du côté de la Maison-Blanche, on insiste aussi sur le fait que le cap fixé est "atteignable avec les lois déjà existantes ". Ce qu'il faut comprendre en creux ? Pas besoin d'en passer par un traité à ratifier en bonne et due forme.

Le Congrès à majorité républicaine n'aura ainsi qu'une capacité de nuisance limitée s'il entend contre-carrer les plans de Barack Obama. Sans surprise, le chef de la majorité républicaine, Mitch McConnell, a d'ailleurs mis en garde les autres négociateurs autour de la table de la COP 21, sur des promesses impossibles à tenir.

Pour connaître les réactions des autres républicains, il faudra attendre un peu. Barack Obama a choisi de dévoiler la contribution des États-Unis alors que les élus au Congrès venaient juste de commencer leurs vacances de printemps...

Fannie Rascle, correspondante à Washington.
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