Publié le 20 mai 2015

EMPREINTE TERRE

Business and Climate Summit : Hollande demande aux entreprises une feuille de route

Le Business and Climate Summit s’est ouvert à Paris ce mercredi 20 mai en présence de François Hollande. Le président de la République a fortement incité les entreprises à fournir une feuille de route d’ici la COP21 (qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre), avec des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre par secteur. Il a également annoncé la mise en place de la réserve de stabilité en 2019 afin de rendre efficient le marché européen du carbone.

François Hollande prononçant le discours d'ouvertue du Business and Climate Summit le 20 mai 2015 au siège de l'Unesco à Paris
Philippe Wojazer / AFP

"Dans le monde de l’entreprise, le climat a changé." Voici le message du Business and Climate Summit, lancé cet après-midi au siège de l’Unesco, à Paris.                                                                 

Un sommet ouvert par François Hollande, le président de la République, venu dire aux entreprises à quel point elles sont essentielles à la transition énergétique : "Ce que nous attendons de vous, c’est que vous participiez pleinement à la mobilisation des financements, que vous anticipiez dans vos décisions d’investissement ce que devra être la mise en œuvre de l’accord de Paris, et que vous apportiez par votre savoir-faire tout ce qui peut contribuer à la mutation."

 

Une mise en oeuvre de la réserve de stabilité pour le marché carbone en 2019

 

Clé de voûte des discussions qui vont se tenir pendant deux jours, la fixation d’un prix du carbone est largement préconisée par les acteurs économiques engagés dans la lutte contre le changement climatique. En réponse, le président de la République a annoncé la mise en œuvre de la réserve de stabilité pour retirer les crédits non utilisés du marché du carbone en Europe d’ici 2019, soit deux ans avant ce qui avait été annoncé. Cela devrait permettre au marché existant de fonctionner de manière effective.

"Si nous voulons véritablement envoyer des signaux au marché pour que les entreprises puissent prendre leurs décisions en fonction d'un optimum économique, qui peut être un optimum écologique, le prix du carbone est forcément posé. C’est le signe le plus tangible qu’on peut adresser à l’ensemble des acteurs économiques. Nous devons être volontaires."

François Hollande a également demandé aux entreprises d’établir, en vue de la COP21, qui se tient dans 193 jours, des feuilles de route définissant des objectifs de réduction d’émissions par grands secteurs : "Comment recourir moins au charbon et davantage aux technologies propres ? Comment réduire les consommations en eau ? C’est à tout cela que doivent réfléchir les entreprises."

 

Des entreprises "activistes"

 

Du côté du secteur financier, le président appelle à la décarbonation des portefeuilles d’investissement, au développement d’émissions d’obligations vertes (green bonds), et à l’intégration du risque climat dans les décisions d’investissement. Le président Hollande a conclu son discours par un "Vous êtes des activistes ! Eh bien, il faut passer à l’action", reprenant le terme utilisé quelques minutes plus tôt par Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE.

Un activiste, c’est également comme cela que se définit Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider Electric et président du Global Compact France. Signataire, avec 43 autres grands patrons, d’une lettre ouverte les engageant à prendre des mesures urgentes contre le changement climatique, il a ouvert le Business and Climate Summit avec un discours engageant : "Les entreprises ont réalisé qu’écologie rime avec économie. Nous sommes tournés vers l’action, nous aimons les grands challenges. Ce défi de penser une nouvelle société est celui de notre génération. Mettons-nous au travail."

 

Plus question de faire du "business as usual" pour Statoil

 

À ses côtés, d’autres chefs d’entreprise ont partagé leur volonté de faire de la lutte contre le réchauffement climatique une priorité. Eldar Saetre, PDG de Statoil, s’est ainsi prononcé en faveur de mesures incitatives pour les entreprises, et pour la suppression des soutiens à une production "nuisible". "Il est hors de question de rester sur le Business as usual."

Alors que les entreprises ont longtemps été écartées des discussions sur le climat, elles sont aujourd’hui au cœur du débat. "Le cercle vicieux a été brisé", explique Christiana Figueres, la Secrétaire exécutive de la CCNUCC (Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques). "Les entreprises qui attendaient que le gouvernement bouge avant de se mobiliser ne sont plus dans cet état d’esprit. Il y a un élan dynamique qui se renforce mutuellement. Que le monde se tienne prêt. Nous allons y arriver."

Concepcion Alvarez
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