Publié le 23 septembre 2014

EMPREINTE TERRE

Après le succès mondial de la marche pour le climat, François Hollande sous pression

C’est à New York que s’ouvre ce mardi 23 septembre le sommet extraordinaire des Nations Unies sur le climat. Ban Ki-moon presse les gouvernements du monde entier d’agir contre le réchauffement climatique. Pour inciter les chefs d’Etat à prendre des mesures concrètes, le secrétaire général de l’ONU peut s’appuyer sur le succès mondial de la marche pour le climat. Les manifestations organisées un peu partout dans le monde ont rassemblé 400 000 personnes. L’attitude de la France, qui accueillera le sommet mondial pour le climat en 2015, sera particulièrement scrutée.

Ban Ki Moon entre Janne Goodall et Ségolène Royal lors de la marche pour le climat à new-York le 21 septembre 2014
© Don Emmert AFP

C’est un succès inespéré pour les organisateurs de la marche mondiale pour le climat. Plus de 1500 organisations avaient appelé à défiler. Elles souhaitaient réunir quelques dizaines de milliers de personnes à travers le monde. Au total, ce sont plus de 400 000 manifestants qui ont battu le pavé à Montréal, Londres, Bogota, Rio de Janeiro, Lagos ou Johannesburg.

Mais la démonstration la plus massive a eu lieu à New York . Alors que 100 000 personnes étaient attendues dans les rues de la ville, ce sont 300 000 citoyens anonymes qui ont rejoint cette "marche du peuple" en répondant à l’appel des associations de défense de l’environnement.

De nombreuses personnalités ont été aperçues dans le cortège. Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations Unies, était présent, à l’instar d’Al Gore, de Laurent Fabius et de Ségolène Royal ou de l’acteur Leonardo DiCaprio.

 

1 milliard d’euros pour le fonds vert sur le climat ?

 

A Paris, ils étaient entre 5000 et 10 000 à manifester. Pour Morgane Creach, à la tête du Réseau Action Climat (RAC), il s’agit d’un "véritable succès. Mais ce n’est qu’une première étape ; nous devons rester mobilisés".

A l’issue du défilé, la directrice du RAC a été reçue à l’Elysée par François Hollande en compagnie d’autres associations de défense de l’environnement.

L’occasion pour ces ONG de mettre la pression sur le président de la République avant le sommet mondial sur le climat : "Nous lui avons demandé que la France contribue à hauteur de 1 milliard au fonds vert pour le climat. Il faut que cet argent soit additionnel, pas de l’argent recyclé."

Pour Morgane Creach, ce milliard d’euros devra servir "pour moitié à limiter les émissions de gaz à effet de serre, et pour l’autre moitié à financer l’adaptation au changement climatique des pays en développement".

 

Sommet climatique de Paris en 2015 : quelle crédibilité pour la France ?

 

Si le chef de l’Etat français réserve ces annonces pour l’Assemblée générale des Nations Unies, il a tout de même semblé réceptif aux arguments du RAC : "François Hollande est conscient du fait qu’il doit d’ores et déjà préparer la COP 21 (sommet mondial pour le climat, NDLR) qui aura lieu à Paris en 2015", analyse la présidente du RAC.

"Mais pour que la France soit crédible lors de ces négociations, son projet de loi de transition énergétique doit être ambitieux. Or à ce jour, le compte n’y est pas. Il s’agit d’un projet de loi a minima qui ne sera pas à même d’emmener notre pays vers les économies d’énergies et les énergies renouvelables."

Ce projet de loi  sera examiné à partir du 1er octobre par l’Assemblée nationale. Un examen parlementaire qui pourrait profondément bouleverser la nature du texte proposé par Ségolène Royal puisque plus de 2 000 amendements ont été déposés.

Antonin Amado
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