Publié le 31 mai 2017

EMPREINTE TERRE

Accord de Paris : le retrait des États-Unis est imminent

Si Donald Trump laisse planer le suspense sur son retrait de l’Accord de Paris, la presse américaine assure que la décision est déjà prise. Face à cette imminence, les autres puissances, l’ONU et les investisseurs rappellent que les États-Unis vont s’isoler et se retrouver à la remorque d’un monde en transition.


La Maison Blanche ne cesse de laisser filtrer des informations sur la décision des États-Unis de rester ou non dans l’Accord de Paris, qui prévoit la limitation du réchauffement climatique en-dessous de 2°C d’ici la fin du siècle. Sur Tweeter, Donald Trump assure que sa décision ne sera "prise que dans quelques jours".

 

Mais les observateurs n'ont plus aucun doute. Plusieurs medias, comme CBS News, assurent que la décision est déjà prise : le Président va sous peu annoncer le retrait de Washington de ce processus, pourtant ratifié par Barack Obama. Pas vraiment une surprise ! Fin mai, juste avant le G7, Gary Cohn, conseiller économique de Donald Trump, assurait : "Nous savons que les niveaux sur lesquels l'administration précédente s'est engagée seraient très handicapants pour la croissance économique américaine".

Un avenir gris

Dans un dernier élan, le monde muscle son discours envers le Président américain. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, assure que la rentrée en vigueur de cet accord est "absolument essentiel". "Si un gouvernement remet en doute la volonté et la nécessité en ce qui concerne cet accord, c'est une raison pour tous les autres de s'unir encore plus fort", affirme-t-il rappelant à quel point les États-Unis sont en train de s’isoler. "Ceux qui échoueront à faire le pari de l'économie verte connaîtront un avenir gris", met-il en garde.

La tenue d’un somment entre l’Europe et la Chine, les 1er et 2 juin, est aussi l’occasion pour les deux puissances de mettre tout leur poids dans la balance. Selon le Financial Times, le communiqué final réaffirmera que la sortie des énergies fossiles est "irréversible". Lors des négociations climatiques à Bonn en mai dernier, la Chine avait déjà commencé à demander des comptes à l’Occident sur ce sujet alors que Pékin est train de faire la course en tête.

Exxon soumis à la question du climat

Mais durant le G7 en Sicile, l’Occident n’a pu qu’acter son désaccord. Pour la première fois, les sept dirigeants se sont séparés sans consensus sur le climat. Le Président français, Emmanuel Macron, s’était voulu optimiste en assurant "qu'il y a eu un progrès et qu'il y a eu de vraies discussions". La Chancelière Angela Merkel plus négative – mais au final plus réaliste – assurait : "Nous avons ici une situation à six contre un".

Car c’est bien le message que l’ONU, le G6, l’Europe, la Chine, et les grands investisseurs (y compris aux États-Unis) adressent à Washington : "Vous êtes seuls. La transition se fera avec ou sans vous". Le signal le plus fort est sans aucun doute venu ce mercredi 31 mai de l’Assemblée générale d’Exxon. Une résolution imposant à l'entreprise de communiquer sur le risque climat était proposée. Malgré l’opposition de la direction, elle a été adoptée par 62,3 % des actionnaires, en particulier grâce au soutien de grands gestionnaires d’actifs, à commencer par BlackRock le plus important de la planète.

Déjà début mai, la même situation s’était produite lors de l’Assemblée générale d’un autre pétrolier : Occidental Petroleum. Plus généralement, la question du reporting climat a été présente dans toutes les Assemblées générales des majors pétrolières. Preuve que le monde économique comprend bien plus vite que le monde politique la nécessité de changer.

Ludovic Dupin, @ludovicdupin


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