Publié le 04 septembre 2015

EMPREINTE TERRE

À trois mois de la COP 21, le RAC réclame à la France une exemplarité climatique

À 88 jours de la COP 21, le Réseau Action Climat (RAC) a décidé de hausser le ton. Sa directrice, Morgane Creach, estime que la France "est en retard dans tous les domaines de la transition énergétique". Cinq ONG environnementales - WWF, OXFAM, les Amis de la Terre, Greenpeace et la FUB - réclament l’adoption par la France de cinq mesures avant la tenue du sommet climatique de Paris qui débute le 30 novembre prochain. Revue de détail.

Photo d'illustration
DR

Une question de crédibilité. Pour le Réseau Action Climat, le RAC, la France ne peut pas convoquer le monde à Paris pour discuter de l’avenir de notre planète sans être elle-même exemplaire en matière de lutte contre le changement climatique.

Cinq associations environnementales emblématiques de ce réseau ont donc exigé du gouvernement français, jeudi 3 septembre, l’adoption de cinq mesures à mettre en place d’urgence avant la COP 21, qui se tiendra au Bourget du 30 novembre au 11 décembre prochain.

 

 

1. Fixer un cap à 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050

Par la voix de Jean-François Julliard, le directeur général de Greenpeace, le RAC appelle à une relance rapide du développement des énergies renouvelables, et réclame l’inscription dans un projet de loi d’une ambition 100 % renouvelables à l’horizon 2050.

L’ONG demande également au chef de l’État le doublement des capacités éoliennes et photovoltaïques. Pour Jean-François Julliard, cette ambition passe notamment par l’abandon progressif du nucléaire, qui capte une partie importante des ressources financières nécessaires à la transition énergétique.

 

2. Mettre un terme aux subventions du charbon à l’export

Le RAC exige de François Hollande qu’il tienne sa promesse - formulée en novembre 2014 lors de la dernière conférence environnementale - de mettre fin aux subventions du charbon à l’export. Le WWF souhaite la fin de cette "pollution d’État".

Les Amis de la terre réclament de la France un engagement actionnarial fort en matière de lutte contre le réchauffement climatique, lui demandant d'assumer son rôle d’actionnaire majoritaire au sein d’EDF et d’ENGIE. Deux multinationales de l’énergie ayant encore à ce jour des projets de construction de centrales à charbon.

  

3. Adopter (enfin) une taxe sur les transactions financières

Il n’y aura pas d’accord à l’issue de la COP 21 si le financement de la transition énergétique et de l’adaptation face aux changements qu’il induit dans les pays en développement ne sont pas financés par les pays riches. Le RAC réclame donc la mise en place effective d’une taxe sur les transactions financière (TTF) au niveau européen, permettant de dégager la manne nécessaire.

Pour les ONG du Réseau Action Climat, cette TTF européenne doit avoir une assiette la plus large possible et 25 % de ses recettes, au moins, allouées au Fonds vert pour le climat.

4. Alourdir fortement la taxe carbone

En France, le prix de la tonne de CO2 est cette année de 14,50 euros. Il sera fixé à 22,50 euros l’an prochain. Un montant jugé trop faible par les acteurs du RAC, en particulier dans un contexte de baisse du coût des énergies fossiles. Pour Morgane Creach, la directrice du RAC, "les choix fiscaux du gouvernement ne sont actuellement pas compatibles avec la transition énergétique". Elle plaide donc pour un prix de la tonne de CO2 à 32 euros en 2016, à 37,50 euros en 2017 et à 47 euros en 2018.

5. Développer les alternatives à la voiture

Pour la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), le gouvernement doit remettre le train sur les rails en renforçant le maillage ferré. Il doit également faire une "vraie place au vélo dans sa politique de mobilité".

Antonin Amado
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