Publié le 05 janvier 2017

EMPREINTE TERRE

Le commerce mondialisé menace les espèces protégées

Notre consommation pèse sur la biodiversité. Une étude vient une nouvelle fois le démontrer. Ses deux auteurs mettent en avant le lien entre exportations et des phénomènes tels que la déforestation, la surpêche ou le braconnage.


Comment l’importation d’huile d’olive aux États-Unis participe-t-elle à l’extinction du Lynx Ibérique en Espagne?  Les répercussions de notre consommation sont lointaines et complexes. Et restent ignorés des consommateurs.

Deux chercheurs, Daniel Moran et Keiichira Kanemoto, ont publié mercredi 4 janvier un "atlas mondial des menaces" dans la revue Nature Ecology & Evolution. Elle vient confirmer un chiffre déjà connu : le commerce international menace 30 % des espèces.

 

Destruction d’habitat

 

Les deux scientifiques se sont focalisés sur 7000 espèces particulièrement vulnérables. Ils ont en parallèle étudié le parcours d’importation des produits aux États-Unis, en Chine, dans l’Union Européenne et au Japon.

Ainsi les coupes de bois au Brésil, destinées au marché américain, sont en partie responsables de la menace pesant sur les grenouilles Atelopus Spumarius.  

L’Europe, qui s’approvisionne en bois malaisien, prive d’habitat l’aigle criard, l’ours malais ou l’éléphant. Le lynx d’Espagne est menacé de disparation à cause de la construction de barrages destiné à l’irrigation des oliviers. Une irrigation qui répond à la demande croissante d’huile d’olive émanant des États-Unis.

 

Responsabiliser les acteurs

 

Les deux chercheurs souhaitent responsabiliser consommateurs, producteurs et industriels… "Une fois que vous avez lié l’impact environnemental à une chaîne d’approvisionnement, de nombreuses personnes de la chaîne, et pas seulement les producteurs, peuvent participer à son nettoyage", a expliqué Daniel Moran au site Eurekalert.

Les pays riches sont particulièrement pointés du doigt. Certaines des zones les plus fragiles sont exclusivement menacées par les importations américaines ou européennes. Et pourtant, 90% des 6 milliards de dollars dédiés chaque année à la protection des espèces en danger sont dépensés dans les pays riches. Pays où ces "points chauds" sont rares.

Pour Daniel Moran, cette étude permet de "cibler les zones prioritaires. (…) Les entreprises pourraient utiliser nos cartes pour savoir quels points chauds elles alimentent et y apporter des changements"

Marina Fabre
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