Publié le 08 août 2017

EMPREINTE SOCIALE

La France touchée par le scandale des œufs contaminés au fipronil

Après avoir affirmé que la France n'était pas touchée par le scandale des œufs contaminés à l'insecticide fipronil, le ministère de l'agriculture est revenu, le 7 août, sur sa copie. Treize lots contaminés, en provenance des Pays-Bas, ont bien été envoyés en France. Un élevage a été placé sous surveillance et des investigations sont menées dans deux autres établissements. Les Pays-Bas, particulièrement touchés, ont déjà bloqué 180 élevages et abattu plus de 300 000 poules. 


C’est un scandale sanitaire qui touche toute l’Europe. Depuis le 4 août, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique, la Suède et la Suisse ont décidé de retirer de la vente une série d’œufs soupçonnés d’être contaminés par du fipronil. Il s'agit d'un insecticide utilisé pour éradiquer les poux et autres parasites des volailles. L'utilisation de ce produit est interdite au sein de l’Union Européenne pour des animaux destinés à l'alimentation.

Mais "les enquêtes menées en Belgique ont démontré la présence de cette substance interdite dans un produit antiparasitaire falsifié, commercialisé sous l’appellation DEGA 16, utilisé dans les élevages de volailles", précise dans un communiqué le ministère de l’Agriculture.

Le ministère ne sait pas si les produits incriminés se sont retrouvés dans le commerce

Dans un premier temps, la France a décidé de seulement placer sous surveillance un élevage du Pas-de-Calais "après le signalement par l’éleveur de l’utilisation de ce produit par son fournisseur belge". Aucun œuf de cet élevage n’a été mis sur le marché. Mais de nouvelles informations, le 7 août, ont forcé le gouvernement à renforcer sa surveillance. 13 lots d’œufs contaminés en provenance des Pays-Bas ont bien été fournis à la France.

Deux établissements de fabrications d'ovoproduits de la Vienne et du Maine-et-Loire sont concernés. Le ministère assure que des "investigations sont menées dans ces établissements", et que les produits incriminés ont été "bloqués" afin de procéder à des analyses mais concède ne pas savoir si les produits se sont retrouvés dans le commerce. "Les autorités françaises n'ont pas, à ce jour, d'informations de contamination d'œufs en coquille et de viande destinés à la consommation", précise le ministère. Des enquêtes de traçabilité sont en cours pour identifié la destination des produits déjà expédiés et susceptibles d'être contaminés.  

Pas de danger sur la santé, selon l'agence de sécurité sanitaire belge

Parallèlement, le ministère de l’agriculture a saisi l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire. Il souhaite évaluer les risques pour la santé humaine liés à l’ingestion d’œufs et ou de produits contaminés par le fipronil. L’Afsca, équivalent belge de l’ANSES a publié, lundi 7 août, ses premiers résultats d'analyses. Elle estime que les taux de concentration de fipronil sont "bien en dessous des normes européennes". "Une personne de 70 kg peut manger une quinzaine d’œufs avant même d’éprouver, à cause du fipronil, de potentiels problèmes de santé", a renchéri Denis Ducarme, ministre belge de l’Agriculture.

Reste que sur les personnes les plus fragiles, comme les enfants, les risques sont plus élevés. Selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), des dégâts peuvent survenir au niveau du foie, de la thyroïde et des reins. Par mesure de précaution, les Pays-Bas ont déjà abattu plus de 300 000 volailles. Le Belgique a, de son côté, ouvert une enquête judiciaire pour fraude contre le fournisseur du produit anti-parasitaire DEGA 16. 

Marina Fabre @fabre_marina


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