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Publié le 27 mai 2013

EMPREINTE TERRE

Monsanto critiqué dans la rue mais soutenu par la justice américaine

Des « marches contre Monsanto » ont été organisées le 25 mai dans plus de 250 villes du monde. Elles ont réuni des milliers de personnes, deux millions selon les organisateurs. Les protestations contre le géant des OGM se multiplient ces derniers mois. Mais aux Etats-Unis, fief de la multinationale, celles-ci restent bien faibles au regard de la puissance de Monsanto comme le montre le dernier jugement de la Cour suprême.

Manifestation au Trocadéro, à Paris
Génerations futures

Samedi 25 mai, des « marches contre Monsanto » ont eu lieu dans plus de 250 villes du monde (voir la carte) réunissant des milliers de personnes. Deux millions même selon les organisateurs. En France, un sit-in sur la place du Trocadéro à Paris a réuni quelques centaines de manifestants et à Strasbourg, entre 350 et 450 manifestants ont défilé de la place du Parlement européen au centre-ville. A l'initiative de la démarche : le mouvement Occupy-Monsanto (qui avait notamment organisé la campagne pour l'étiquetage des OGM en Californie ) qui voulait ainsi attirer l'attention sur les dangers que posent les aliments génétiquement modifiés et les entreprises qui les produisent. En France, la marche était soutenue entre autres par le Mouvement Colibris, Combat Monsanto, Générations Futures, Kokopelli, la Fondation pour l'Ecologie politique, etc.

Ces marches sont à resituer dans un contexte de multiplication des protestations contre la multinationale sur laquelle les anti-OGM focalisent leurs combats partout dans le monde et depuis de nombreuses années (Voir Le monde contre Monsanto et Au Mexique, l'industrie biotech se heurte à la mobilisation contre le maïs OGM ).

Monsanto soutenu par la justice américaine

Aux Etats-Unis cependant, la firme reste soutenue par les plus hautes autorités. Au printemps 2013, l'adoption d'un amendement dans la loi budgétaire garantissant la culture des OGM contre toute décision de justice, présenté comme un «Monsanto Protection Act » (valable 1 an) a fait scandale, au-delà même du cercle des opposants traditionnels aux OGM.

Le 13 mai 2013, la Cour suprême américaine a donné raison au géant américain de l'agrochimie dans un litige qui l'opposait à un petit fermier de l'Indiana, accusé d'avoir enfreint ses brevets dans l'utilisation de graines de soja transgéniques. Après trois mois d'audience, les juges ont délibéré unanimement en faveur de Monsanto qui réclamait 85 000 dollars à un producteur de soja de 75 ans, déjà « dans une situation désespéré », selon les propos de l'avocat du fermier rapporté par l'AFP. L'agriculteur avait signé un contrat d'utilisation qui lui interdisait de conserver et de réutiliser ces semences après la récolte, afin de garantir l'achat de nouvelles semences chaque année.

La protection intellectuelle « ne permet pas à un agriculteur de reproduire des graines brevetées en les plantant et en les récoltant, sans détenir une permission du propriétaire du brevet. (...) Si l'acheteur de ce produit peut fabriquer et vendre un nombre illimité de copies, alors le brevet ne protégerait plus l'invention efficacement que pour une seule vente », a-t-elle estimé. « Si le simple fait de copier était autorisé, alors un brevet perdrait toute sa valeur dès la première vente », a continué la haute Cour, précise l'AFP. Or dans ce cas, « le monopole du brevet ne serait valable non pas 20 ans (comme la loi le prévoit) mais pour une seule transaction. Et cela résulterait en une baisse d'incitation à l'innovation ».

Béatrice Héraud
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