Publié le 20 juillet 2017

EMPREINTE TERRE

Les cinq vœux de Nicolas Hulot pour les États généraux de l'Alimentation

Dans une volonté de concertation interministérielle, le lancement des États généraux de l’alimentation, placés sous la houlette du ministère de l'Agriculture, a donné la parole à cinq ministères. Dans ce cadre, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a appelé à réconcilier toutes les formes d'agricultures ou encore à redonner sa souveraineté alimentaire à la France. 

Heudi 20 juillet, Nicolas Hulot participait au lancement des États généraux de l'alimentation
@Ministère

Ils partirent cinq, mais ils ne se virent que trois en arrivant à Bercy. Seuls trois des cinq ministres annoncés au lancement des États généraux de l'alimentation, ce 20 juillet, étaient effectivement présents... Ni Bruno Le Maire, ministre de l'Economie (et ex-ministre de l'Agriculture sous Nicolas Sarkozy), ni Agnès Buzyn, ministre de la Santé, n'ont pu se libérer... Ce sans compter l'absence du Président de la République, Emmanuel Macron.

Des absences regrettées par une filière agroalimentaire en crise. Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a fait le déplacement. "C'est plus qu'un sujet sectoriel, c'est un sujet culturel !", plaide-t-il. Pour lui, les Etats généraux de l'alimentation, qui s'achèveront fin novembre, sont un moment de "pause" pour prendre le temps de réfléchir. Il livre ses cinq vœux aux participants des débats à venir.

 

Rendre la France souveraine sur son alimentation

A plusieurs reprises, le ministre a fait valoir la noble mission qu'est celle de nourrir la population. "Une ambition encore plus haute est de tendre vers une souveraineté alimentaire", assure-t-il. "Dans le contexte actuel, la France gagnerait à avoir cette sécurité tout en continuant à participer à la sécurité alimentaire du reste du monde", juge Nicolas Hulot. Aujourd'hui, la France représente 20 % de la production agricole de l'Union européenne, ce qui en fait le premier producteur devant l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne.

 

Réunir toutes les agricultures

"Il faut assurer la sécurité économique, écologique et sanitaire des agriculteurs. La clé pour y parvenir est (…) de ne stigmatiser personne", souhaite Nicolas Hulot. Tout au long de son intervention, ce dernier refuse de promouvoir un mode de production par rapport à un autre. "Il faut que l'agriculture s'ouvre au bio, à la permaculture, mais sans stigmatiser les autres (formes d’agriculture)". Même si d’une manière générale, il vise un accroissement de la qualité, en appelant notamment les filières de la restauration collective à se mobiliser sur ce thème.

 

Réconcilier les agriculteurs et les consommateurs

La confiance des populations dans l'alimentation a été ébranlée par des crises sanitaires. Nicolas Hulot rêve de créer "une passerelle de confiance entre la ruralité et cette société devenue majoritairement urbaine". Pour cela, il appelle les participants à établir "un pacte entre les consommateurs et les paysans". Une des solutions passe par l'adaptation de "l'offre et à la demande". Un vœu qui n'est pas sans faire écho à une demande du Premier ministre qui, dans son allocution d'ouverture, rappeler que les "trentenaires urbains" poussent vers une alimentation saine et de proximité. Selon lui, "ce sont des signes avant-coureurs de ce que pourrait être le marché de demain".

 

Protéger la santé des agriculteurs

"Je sais que ce n'est pas par plaisir qu'on abuse des produits (phytosanitaires). Mais les premiers exposés sont les paysans. Ils font face à des pathologies lourdes et sont dans une solitude absolue", déplore le ministre dans son discours. Ses équipes, sur Twitter, vont plus loin et lui font dire : "Il ne faut pas hésiter à interdire les produits chimiques et intrants les plus dangereux et renforcer la recherche d'alternatives". Une déclaration qui n'a pas manqué d'inquiéter certains agriculteurs présents. Ils "implorent" le ministre de ne pas interdire des produits tant que les alternatives n’existent pas.

 

Faire des agriculteurs des acteurs du climat

Enfin le ministre de la Transition écologique ne pouvait pas faire l'impasse sur le climat alors que l'agriculture compte pour 20 % des émissions de CO2 en France. "En matière de climat, l'agriculture est un problème, une victime et une solution", rappelle le ministre, plutôt soutenu sur ce sujet par les agriculteurs présents et désireux de limiter le réchauffement. "Mais pour que l'agriculture deviennent une solution, il faut que les agriculteurs y trouvent une valeur ajoutée à travers une diversification de leurs revenus, ce qui est aussi une forme de sécurité", explique-t-il.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin


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