Publié le 05 janvier 2017

EMPREINTE SOCIALE

Parité dans les conseils d’administration : 2017, l’heure du bilan

6 ans. C'est le temps dont les grandes entreprises ont bénéficié pour se préparer. En 2017, elles devront compter au moins 40% de femmes dans leur conseil d’administration. Les plus grandes d’entre elles s’en sortent généralement bien. Mais beaucoup d’entreprises sont encore loin du compte.

Photo d'illustration
istock

La proportion de femmes dans les conseils d’administration (CA) augmente progressivement.

Il aura pour cela fallu l’impulsion d’une loi, dite Copé-Zimmermann, entrée en vigueur en 2011. Depuis le 1er janvier 2017, la proportion des administrateurs de chaque sexe ne peut être inférieure à 40 %, ce qui vaut surtout pour les femmes tant elles étaient exclues de ces organes de pouvoir.

Cette date du 1er janvier reste cependant symbolique. Car l’obligation de "représentation équilibrée" dans les CA des entreprises de plus de 500 salarié.e.s dont le chiffre d’affaires atteint 50 millions d’euros (1) entre réellement en application aux prochaines assemblées générales.

Certaines auront lieu dans quelques semaines mais la plupart se dérouleront au printemps. Un ultime sursis.

 

Le SBF 120 dans les clous

 

Selon les derniers chiffres, fournis par le cabinet Leyder Associates, les 120 plus importantes entreprises françaises cotées (SBF120) sont quasiment dans les clous.

On compte 39% de femmes administratrices en moyenne. Mais de fortes disparités persistent. Le cimentier Lafarge ne compte par exemple que 7% de femmes dans son CA.

Mais en dehors du SBF 120, les sociétés cotées sont loin du compte avec 24% de femmes. La proportion tombe même à 16% pour les 2 000 entreprises de taille intermédiaire concernées par la loi.

 

Des sanctions méconnues

 

Pourquoi un tel retard ? Lucille Desjonquères, créatrice de "Femmes au Cœur des Conseils", directrice générale de Leyders Associates, pointe un "machisme transgénérationnel", une "résistance culturelle" mais aussi une "méconnaissance des sanctions".

Celles-ci sont pourtant loin d’être symboliques : suspension du versement des jetons de présence de tous les administrateurs et invalidation de toute nouvelle nomination.

Le "vivier de femmes" est trop faible, se défendent certaines de ces entreprises. "Faux", répond Lucille Desjonquères qui propose plus d’un millier de potentielles administratrices. "Il n’y a aucune excuse. La démarche est simple. Les femmes sont compétentes".

 

Détourner "l’esprit de la loi"

 

Certaines sociétés détournent "l’esprit de la loi", ajoute Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes.

Comment ? En réduisant le nombre de membres du CA pour "augmenter statistiquement la part des femmes" ou "changer l’entreprise de statut juridique". Mais cette dernière méthode a un avenir limité. En 2020, la loi Copé-Zimmermann s’étendra aux entreprises de plus de 250 salarié.e.s dont le chiffre d’affaires atteint au minimum 50 millions d’euros.      

 

  (1)    La loi s’applique également depuis 2012 aux entreprises publiques nationales, établissements publics industriels et commerciaux et aux établissements publics mixtes de l’Etat dont le personnel est soumis à des règles de droit privé.

Marina Fabre
© 2017 Novethic - Tous droits réservés

‹‹ Retour à la liste des articles

Voir nos offres