Publié le 31 janvier 2017

EMPREINTE SOCIALE

Mixité en entreprise : "la dynamique est lancée"

Marie-Jo Zimmermann remettait hier les Grands Prix de la Mixité aux entreprises. Six ans après la promulgation de la loi Copé-Zimmermann sur la mixité dans les conseils d’administration, "le mouvement a irrigué tous les échelons de l’entreprise", assure la députée. Pourtant, les femmes restent encore absentes des comités exécutifs (comex) et des comités de direction (codir), non concernés par la loi. 

Ce lundi 30 janvier, les entreprises exemplaires en matière de mixité étaient récompensées, grâce au nouvel indice Zimmermann, ainsi nommé en hommage au travail de la députée Marie-Jo Zimmermann.
Twitter / @ENGIEgroup

Salle Colbert, Assemblée nationale, le 30 janvier 2017. Il y a six ans, la députée Marie-Jo Zimmermann se tenait déjà dans cette salle, convaincant ses collègues de l’importance d’une loi sur la mixité en conseil d’administration* (CA). Depuis, "du chemin a été parcouru", se réjouit la député.

De 2011 à 2017, dans les conseils d’administration du CAC 40, la présence des femmes est passée de 15,3% à 40%. Ce quota, fixé par la loi, est presque atteint du côté du SBF 120, avec 38,4% de femmes. "Aujourd’hui, c’est une deuxième naissance, estime Marie-Jo Zimmermann. La première était la promulgation de la loi. La deuxième, c’est son application, son appropriation par les entreprises." 

Ce lundi 30 janvier était justement l’occasion de féliciter les entreprises exemplaires en la matière, grâce à un nouvel indice nommé indice Zimmermann, en hommage au travail de la députée.

 

"Passer le virage de la politique de quota"

 

Cet indice, réalisé par Ethics And Boards, observatoire international indépendant de la gouvernance des sociétés cotées, et l'Institut du capitalisme responsable, s’appuie sur trois critères : la mixité dans le conseil d’administration (CA), dans les instances dirigeantes exécutives (comex, Top 100, codir) et la représentativité des femmes dans l’entreprise. "Les chiffres démontrent que, lorsqu’on respecte la loi, c’est l’ensemble de l’entreprise qui est irriguée par la dynamique de mixité", argue Marie-Jo Zimmermann.

L’important, c'est maintenant de "passer le virage de la politique de quota", pour aller vers "la publication de cet indice", estime Isabelle Kocher, PDG d’Engie, lauréate (ex-aequo avec l’Oréal) du Grand prix de la Mixité du CAC 40. La seule femme PDG d’une entreprise du principal indice boursier français déplore que "l’on légifère trop" sur cette question en France. 

 

"Les entreprises ont pris le relais"

 

"Il n’y aura pas de loi Zimmermann pour les comex et les codir", l'a rassurée la députée Les Républicains. Pourquoi ? Car "les entreprises ont pris le relais, estime-t-elle. Aujourd’hui, une entreprise a mauvaise conscience quand elle n’atteint pas les 40% de femmes dans son conseil d’administration. Avant la loi, elle n’en avait même pas conscience. Une dynamique est lancée." 

Pour autant, le chemin à parcourir est encore long. En dehors du SBF 120, le taux de femmes dans les CA tombe à 24%. Du côté des 2000 entreprises de taille intermédiaire, également concernées par la loi Copé-Zimmermann, la proportion n’est que de 16%. 

Marie-Jo Zimmermann mise sur "l’exemplarité" des grandes entreprises pour montrer la voie. "Cette loi a fait évoluer la gouvernance par rapport à la place que l’on veut donner aux femmes dans le monde professionnel et plus largement dans la société."

 


* La loi Copé-Zimmermann oblige les entreprises de plus de 500 salarié.e.s dont le chiffre d’affaires atteint 50 millions d’euros à avoir un conseil d’administration mixte (au minimum 40% de chaque sexe).

Marina Fabre
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