Publié le 25 octobre 2005

EMPREINTE SOCIALE

La demande de cosmétiques bio augmente

Les cosmétiques naturels et bio certifiés représentent aujourd'hui moins d'1 % des cosmétiques vendus en France, mais leur visibilité et leur légitimité augmentent de façon significative. Présentés comme une révolution au pays de la cosmétique, le succès du salon professionnel international Natexpo (santé, forme et beauté au naturel) qui s'est tenu à la mi octobre, temoigne de leur bonne santé.

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Le marché des cosmétiques bio a gagné une nouvelle clientèle cette année, à la suite de diverses campagnes médiatiques. Il y a eu les tests produits de l'UFC Que Choisir sur les gels douches, le guide Cosmetox de Greenpeace (voir article lié), et enfin l'enquête, diffusée dans le magazine de France 2 Envoyé Spécial, sur les conservateurs contenus dans les produits de beauté. Ils ont tous eu de seffets devastateurs. Au salon Natexpo, on parlait d'électrochoc. La marque Bleu Vert, importateur allemand de produits d'hygiène et de beauté (30 % de croissance annuelle), selon le magazine spécialisé Du Sol à la Table, a vu son activité doubler grâce au reportage et a même connu des ruptures de stock. Les vrais produits naturels, sans manipulation chimique ou recours à des substances issues de la pétrochimie, existent depuis longtemps. Mais le terme " naturel " a été galvaudé. Le responsable du salon, David Puget, atteste que les exposants en cosmétique " naturelle " présents n'emploient pas ce terme à la légère. Mais il vaut mieux se fier aux produits affichant une certification, réclamée il y a quelques années par des fabricants soucieux de faire valider leur démarche authentique. Des petites marques peuvent ainsi faire reconnaître la légitimité de leur démarche de protection de la nature.

La certification se développe

A ce jour, en France, les produits portant le logo Cosmebio font l'objet d'une certification. Délivrée par la société Ecocert qui a rédigé son cahier des charges avec l'association Cosmebio (qui rassemble 85 laboratoires disposant d'une charte de la cosmétique naturelle et bio) . Cette certification est agréé par le ministère de l'Industrie, depuis 2001. Le cahier des charges est disponible, moyennant 80 euros sur le site d'Ecocert. A ce jour, 110 sociétés sont certifiées ce qui représente plus de 1 500 produits et 10 sont en attente d'homologation.
Par ailleurs, l'association Nature et Progrès, pionnière de l'agriculture biologique en France, édite un cahier des charges depuis 1989. Il vient d'être actualisé après une concertation entre consommateurs, fabricants et distributeurs. Il est disponible, gratuitement, sur le site de Nature et Progrès.
Si la coexistence de plusieurs systèmes de référence dont les exigences sont variables, peut semer une certaine confusion, des nuances existent aussi d'un pays à l'autre. Or les produits cosmétiques s'exportent facilement. Des travaux d'uniformisation à l'échelle européenne, sont en cours entre Ecocert et ses homologues allemands, italiens et anglais.

Diversification du réseau de distribution

Autre signe important, la cosmétique bio ne se trouve plus seulement dans les magasins spécialisés en produits naturels mais aussi chez les enseignes de parapharmacie (Parashop, EuroSanté Beauté), dans la grande distribution, les instituts de beauté. Certaines marques ne veulent pas approcher la grande distribution, n'imaginant pas concilier production artisanale, valeurs éthiques et vente massive. Un double marché se dessine donc. " Weleda est souvent refusé de magasins spécialisés, car il est présent en grande distribution, explique Philippe Delran, conseil en communication dans le secteur du bio. Il est fréquent de voir des marques commercialiser leur produits sous un autre nom pour aborder les deux réseaux de distribution ". Ces réseaux de distribution doivent apporter une information détaillée et pertinente et doivent être formés. Un Certificat de Qualification Professionnelle " Vendeur conseil en Produits bio " (le CQP bio) a été créé il y a deux ans, et un magazine gratuit d'informations pratiques, à destination des salariés des points de vente bio et diététique, vient de voir le jour : Bio linéaires.

La cosmétique naturelle et biologique certifiée se développe donc bien. La vigilance doit être de mise malgré tout, car seule l'alimentaire bio est réglementée à l'heure actuelle (voir article lié). Ceci dit la demande croissante des consom'acteurs permettra sans doute un développement rapide du marché . "Alternative à la cosmétique conventionnelle, elle est un moyen de faire connaître l'intégralité du secteur bio, y compris l'alimentaire", explique Emmanuel Jaccaud, responsable de la commission cosmétique de Nature et Progrès.

Sylvie Touboul
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