Publié le 16 juillet 2017

EMPREINTE SOCIALE

[LE CHIFFRE] L’intelligence artificielle pourrait générer 15 700 milliards de dollars d’ici 2030

Dans une étude publiée cette semaine, le cabinet PwC estime que le développement de l’intelligence artificielle va permettre de générer 15 700 milliards de dollars de gains économiques d’ici 2030. Les Etats-Unis et la Chine devraient se partager une grosse part du gâteau.


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"C’est l’une des plus importantes opportunités économiques des années à venir". C’est ainsi que le cabinet PwC jauge le marché de l’intelligence artificielle (IA) dans une récente étude (1). Les voitures autonomes, les assistants numériques ou encore les robots conversationnels ("chatbots") permettraient ainsi d’accroître le PIB mondial de 14 %. Au total, l’IA va générer 15 700 milliards de dollars d’ici 2030, soit les PIB cumulés actuels de l’Inde et la Chine.

+26% du PIB en Chine

Les effets positifs se feront d’abord sentir en Amérique du Nord, du fait d’une plus grande maturité vis-à-vis de ces technologies. Mais la Chine creusera l’écart dans une dizaine d’années, dès lors que le pays aura rattrapé son retard. Les experts estiment ainsi que l’IA permettrait d’augmenter le PIB chinois de 26 % à horizon 2030.

L’Europe et le reste de l’Asie en profiteront aussi, avec des hausses de PIB d’environ 10 %, selon les estimations de PwC. Les pays en développement auront une croissance plus modeste (+ 5,6 % du PIB) en raison d'un rythme beaucoup plus lent dans l'adoption de ces technologies.

Une croissance dopée par la hausse de la consommation

À court terme, l’intelligence artificielle va surtout engendrer des gains de productivité grâce à l’utilisation de robots ou encore de véhicules autonomes. Ces bénéfices sont estimés à 6 600 milliards de dollars d’ici 2030. Les activités les plus pénibles seront ainsi automatisées, notamment dans la production et le transport. Cela permettra de "libérer du temps aux salariés pour se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée", explique dans un communiqué de presse Gaëtan Bodmer, associé chez PwC en charge de la transformation digitale.

Mais les plus gros gains économiques attendus viendront de l’augmentation induite de la consommation grâce à l’intelligence artificielle, chiffrés quant à eux à 9 100 milliards de dollars, et visibles à plus moyen terme. L’étude table sur le fait que les consommateurs vont être davantage poussés à acheter des produits et services de meilleure qualité et personnalisés. Sur huit secteurs analysés, les premiers impactés seraient la santé, la finance et l'automobile.

"Pensez à tout ce que vous pourriez faire si vous n’aviez plus à conduire pour vous rendre au travail", prennent comme exemple les experts, en sachant que les Américains passent en moyenne 300 heures dans leur voiture chaque année. De même, au lieu d'être uniformément produits, les vêtements pourront être conçus et personnalisés par le consommateur.

"L’équivalent des contrôleurs aériens pour contrôler les véhicules autonomes"

Pour cela, encore faut-il que le pouvoir d'achat des ménages ne s'effondre pas car l'arrivée massive de l'intelligence artificielle pourrait avoir des conséquences néfastes sur l'emploi. L’étude aborde très brièvement cette question. "Il va y avoir des suppressions de postes mais aussi des créations", nuancent les auteurs. "En plus des postes d'ingénieurs, nous aurons besoin de personnel qui fabrique et assure la maintenance de ces technologies. Par exemple il faudra l’équivalent des contrôleurs aériens pour contrôler les véhicules autonomes sur la route".

Selon une étude de McKinsey, publiée en mai dernier, plus de 40 % des emplois en France pourraient être touchés par l’automatisation d’ici la seconde moitié du 21e siècle et au total dans le monde, 1,2 milliard d’emplois équivalents temps plein seraient automatisables avec les technologies actuelles.

Le cabinet PwC met en garde les entreprises. "L'impact sur la productivité pourrait être un élément de compétitivité, les entreprises n’ayant pas parvenu à s’adapter perdraient ainsi une part importante de leur marché, leurs modèles devenant obsolètes". "Ne rien faire n'est pas une option", concluent les auteurs.

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Étude PwC 


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